Un possible incendie criminel fait deux morts

Un couple est décédé dans un incendie potentiellement criminel survenu dans la nuit de dimanche au 1804, rue de Vitré, face à l'hôpital de l'Enfant-Jésus. Le bilan aurait pu être plus lourd, n'eût été l'intervention de voisins et d'infirmiers qui ont sonné l'alarme.
Gérald Langlois et Guylaine Morin sont décédés dans le brasier.
Sylvie Desjardins est inconsolable depuis qu'elle a appris la mort de son amie, Guylaine Morin, 37 ans, et de son conjoint, Gérald Langlois, 49 ans. «Elle était tellement gentille. Elle avait le coeur sur la main. Et lui aussi. Parfois, ils m'aidaient, d'autres fois c'était moi», lance-t-elle, entre deux soupirs, quelques minutes après être arrivée sur les lieux du drame dimanche matin.
Selon ses dires, les victimes habitaient l'immeuble de quatre logements depuis bientôt un an. Un endroit qu'elle juge quasiment insalubre. Mais le couple, sans argent, ne pouvait guère choisir son lieu de résidence. Les deux étaient bénéficiaires de l'aide sociale et la dame se déplaçait en fauteuil roulant.
«C'est terrible. Ils voulaient faire une demande pour habiter un HLM. Elle me disait qu'elle craignait un incendie. C'était un véritable nique à feu», rapporte l'amie éplorée. Le vieux bâtiment de 1932 est maintenant une perte totale.
Reste à savoir maintenant si c'est l'état de la bâtisse ou une main criminelle qui est à l'origine de ce sinistre mortel. En effet, pompiers et policiers ont déployé beaucoup d'efforts dimanche pour en trouver la cause.
Des enquêteurs du commissariat des incendies et de la police de Québec, aidés du service d'identité judiciaires, ont fouillé les débris et interrogé plusieurs témoins à la recherche du moindre indice.
De son balcon, une voisine d'un bloc situé à l'arrière de l'immeuble incendié a assisté à la scène. Le feu aurait d'ailleurs pris naissance dans le tambour de l'appartement des deux victimes, au rez-de-chaussée.
Au moins une quarantaine de sapeurs ont combattu le brasier qui a ravagé un immeuble de quatre logements de la rue de Vitré, dans Limoilou.
Mauvaise réputation
Cette dernière souligne que le bâtiment avait bien mauvaise réputation. La semaine dernière, elle est intervenue auprès de locataires turbulents qui dérangeaient le voisinage. Il y avait souvent des disputes similaires à des chicanes de couple. Cette chicane n'impliquait pas le couple décédé.
La plus récente a eu lieu pas plus tard que samedi en fin de journée. Cette même voisine a failli demander une intervention policière. Dimanche, elle vivait de la culpabilité, comme s'il y avait un lien entre la dispute et l'incendie.
Le voisin d'un autre immeuble corrobore le fait qu'il y a eu beaucoup d'action la semaine dernière. Il a eu vent d'un possible triangle amoureux et de dommages causés à l'un des appartements, sans pouvoir dire lequel.
Ces événements turbulents ne semblent pas concerner le couple décédé dans l'incendie, selon ce qu'il a été possible d'apprendre. Toutefois, la police devra tenir compte du fait que le couple avait plaidé coupable le 30 mai à des accusations de trafic de stupéfiants et de possession en vue d'en faire le trafic. De plus, l'homme traîne derrière lui de nombreux antécédents judiciaires, dont vol, menaces et voies de fait, tandis que la femme a fait face à de nombreuses accusations pour vol au fil des ans.
La police confirme qu'il y a eu altercation dans les heures précédant l'incendie. Cependant, elle ne pouvait indiquer si elle impliquait l'une ou l'autre des victimes. Tout témoin de cet événement peut transmettre des informations de façon confidentielle en composant le 641-2447. 
Rien à faire
À leur arrivée, les premiers sapeurs ont pénétré dans le bâtiment et y ont découvert les corps des deux victimes, confirme le capitaine Jean-François Daigle du service de protection contre l'incendie.
Des paramédicaux ont tenté des manoeuvres de réanimation une fois les victimes à l'extérieur. Elles ont été amenées rapidement à l'hôpital où leur décès a été constaté. 
Au moins une quarantaine de sapeurs ont combattu le brasier qui a été maîtrisé vers 5h30.
Un homme sauvé in extremis
Charlyne Laverdière et Philippe Drolet profitaient de leur pause à l'entrée de l'hôpital vers 3h30 lorsqu'ils ont aperçu les flammes qui s'échappaient de l'immeuble de quatre logements tout juste de l'autre côté de la rue. «Nous nous sommes mis à courir. Ç'a été plus fort que nous. C'est notre instinct», racontent les deux infirmiers, habitués à gérer des situations d'urgence.
Avec des voisins, ils ont communiqué avec le 911 et criaient pour aviser les locataires de sortir au plus vite. À leur arrivée, tout le monde était encore à l'intérieur. L'un d'eux a expliqué qu'il y avait une personne toujours manquante qui dormait possiblement au sous-sol.
«On ne pouvait pas rentrer. Il y avait trop de fumée. C'était vraiment dangereux», raconte Mme Laverdière, qui a dissuadé d'autres bons samaritains de pénétrer dans le bâtiment. Il fallait donc imaginer un plan B.
C'est en cassant la fenêtre de l'appartement du sous-sol que le locataire s'est finalement réveillé et a ouvert une lumière. Visiblement, il dormait encore. «On a tout arraché le cadre pour le faire passer. On l'a tiré à bout de bras et il a pu sortir. Il fallait faire vite. On avait peur que le plafond tombe», relate M. Drolet.