La cause de l’homme de 55 ans qui a reconnu avoir abusé sexuellement de ses filles reviendra en cour en juin.

Un père incestueux avoue des abus sexuels sur ses deux filles

Trois-Rivières — Un homme de 55 ans de Trois-Rivières a reconnu avoir abusé sexuellement de ses deux filles et d’avoir eu des relations incestueuses avec elles pendant une quinzaine d’années au point d’en faire ses servantes sexuelles.

Entre 1997 et 2012, il a en effet profité de leur vulnérabilité pour se livrer à des divers attouchements sexuels sur elles comme des fellations, des cunnilingus mais également pour avoir des relations sexuelles complètes. Lorsque les abus ont commencé, les fillettes n’avaient que 7 et 10 ans.

Cet homme, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, a en effet plaidé coupable, mercredi, à dix chefs d’accusation pour des attouchements sexuels, incitations à des contacts sexuels, agressions sexuelles, inceste et voies de fait.

Comme l’a expliqué Me Marie-Ève Paquet, procureure de la Couronne, il y avait beaucoup de tension au sein de cette famille, tout particulièrement entre le prévenu et sa conjointe, également mère des enfants. Cette dernière était très sévère avec eux. Lorsque le père revenait à la maison, elle n’hésitait pas à lui demander d’intervenir physiquement auprès des fillettes de sorte que celui-ci leur donnait des claques à main ouverte sur le visage et les fesses. Et parmi les corrections parentales qui leur étaient imposées, les enfants devaient rester sur les genoux très longtemps.

Il y aurait également eu un événement où l’une des fillettes aurait été blessée par une ceinture. Le père a cependant nié, parlant plutôt d’un accident. Compte tenu de son plaidoyer de culpabilité sur les autres chefs, il y a eu un arrêt des procédures sur l’accusation de voies de fait armées. Notons que les voies de fait sont survenus entre 1987 et 1998, soit avant les abus sexuels.

En fait, ceux-ci ont débuté après le départ soudain de la mère, qui a abandonné sa famille pour un autre homme. Le père s’est alors retrouvé seul avec les enfants. Il serait alors devenu dépressif. Pour combler son soi-disant besoin d’affection, il a imaginé des jeux pour amener ses enfants à avoir des contacts sexuels avec lui. Au départ, il y a eu des baisers avec la langue mais rapidement, la nature des gestes sexuels s’est aggravée, de sorte que le père a eu des relations sexuelles complètes avec ses filles alors qu’elles étaient encore en bas âge.

C’est ainsi que l’aînée a eu des relations avec son père pratiquement à tous les jours. Comme l’a précisé Me Paquet, elle est devenue en quelque sorte la femme de son père. Ils prenaient leur douche et leur bain ensemble. Elle faisait le ménage et les repas. Aux dires de Me Paquet, elle était sa servante sexuelle mais aussi la servante de la maison au point de devoir abandonner l’école. Ce n’est qu’à l’âge de 25 ans environ, après avoir rencontré son amoureux, qu’elle a réussi à se libérer de l’emprise de son père en déménageant à Montréal.

L’autre victime avait pour sa part déjà quitté le domicile familial, et ce, dès 2007 lorsqu’elle a eu 17 ans.

Les victimes ont finalement décidé de porter une plainte contre leur père aux policiers en 2017.

Dans le cadre des procédures, le suspect a tenté de présenter une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux mais sa demande avait été rejetée. Le juge Jacques Trudel avait conclu qu’il n’y avait pas de motifs raisonnables dans ses documents médicaux lui permettant de croire que le prévenu souffrait à l’époque d’une problématique de santé mentale pouvant engager sa responsabilité criminelle.

Le prévenu a par la suite changé d’avocat et opté pour les services de Me Martine Garceau-Lebel. Dans le cadre du plaidoyer de culpabilité enregistré mercredi devant le juge Trudel, celle-ci a demandé qu’un rapport présentenciel soit confectionné pour guider les parties sur la sentence d’autant plus que son client n’a aucun antécédent judiciaire de cette nature, ce qui lui a été accordé. Elle a également précisé qu’il avait l’intention d’apporter certaines nuances sur les délits à une prochaine étape. Le dossier reviendra en juin au stade des plaidoiries sur la peine.