Le chauffeur de taxi Hygin Veilleux, un modèle pour ses collègues, a été tué en novembre 2014.

«Un modèle de chauffeur de taxi»

Honnête, tranquille et dévoué, Hygin Veilleux était toujours prêt à venir en renfort, même la nuit. Un modèle de chauffeur de taxi, décrivent les collègues qui a trouvé le corps du septuagénaire, au matin du 8 novembre 2014.
À 73 ans, François Gilbert est de la même génération que Hygin Veilleux. Il travaille encore comme chauffeur pour la compagnie Taxi Du Pont à Saint-Georges.
Lundi, il a mis son veston à double boutonnage et sa cravate pour venir raconter au jury au procès de Jean-François Roy comment il a découvert le corps d'Hygin Veilleux.
François Gilbert avait remarqué la voiture de son collègue sur la 123e Rue à Saint-Georges. Il a fait un détour pour repasser sur cette artère et s'est stationné derrière la Optima de Hygin Veilleux.
À travers la vitre du côté passager, François Gilbert a d'abord vu, posés sur la console, les pieds de son collègue. Il a ensuite vu le corps du chauffeur, recroquevillé sur le plancher. «J'ai compris qu'il n'était plus de ce monde, raconte le chauffeur. J'ai appelé à la centrale pour dire que Hygin ne travaillerait plus jamais avec nous autres. »
Serge L'Heureux, un autre collègue, avait tenté en vain de joindre Hygin Veilleux. Il s'est rendu lui aussi sur la 123e Rue et a demandé des secours. « J'aurais aimé ça lui aider, regrette M. L'Heureux. J'avais de la peine et de la frustration. »
Son seul client
André Goyette faisait pousser deux plants de «pot» dans son logement de Beauceville. « Je fumais un joint par mois, pour mes jambes», précise-t-il. Jean-François Roy était son unique client.
Roy est allé acheter de la marijuana chez Goyette le 7 novembre 2014 dans l'avant-midi, quelques minutes après avoir tué Hygin Veilleux.
Il a payé une dette de 40$ et acheté deux grammes pour 20$. Selon le producteur de marijuana, Roy était «gêné, pareil comme d'habitude».
Il est reparti en taxi, a témoigné André Goyette, qui a vu le dôme du véhicule de sa fenêtre.
Jean-François Roy est revenu chez Goyette le lendemain. À ce moment, les policiers étaient sur place et l'ont interrogé d'abord à titre de témoin.
L'accusé témoignera
Après cinq jours de témoignages et le dépôt d'une trentaine de pièces, le procureur de la Couronne Me François Godin a terminé sa preuve lundi.
Mardi, ce sera au tour de l'avocat de défense Me Gabriel Michaud-Brière de s'adresser aux jurés.
L'accusé Jean-François Roy donnera ensuite sa version du drame.
La psychiatre France Proulx livrera son expertise en défense. Elle sera suivie du témoignage du psychiatre Sylvain Faucher, en contre-preuve pour la poursuite.