Des avions-citernes de la SOPFEU ont été mobilisés pour combattre l'incendie.

Un incendie de tourbière maîtrisé après près de 24 heures

Il aura fallu près de 24 heures pour réussir à contenir un incendie qui s'est déclaré samedi après-midi dans une tourbière de Saint-Ulric, près de Matane. Si les pompiers sont parvenus à contrôler sa propagation, il faisait toujours rage dimanche après-midi. De 7,9 hectares de tourbe qu'il a ravagé samedi, le feu a atteint la forêt environnante pendant la nuit pour s'étendre sur environ 20,5 hectares.
Il est toutefois encore difficile d'évaluer exactement l'étendue de la conflagration en raison de l'épaisse fumée. D'ailleurs, le panache de fumée était visible à plusieurs kilomètres à l'est de Saint-Ulric. 
Samedi, six avions-citernes de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), un avion aéropointeur et un hélicoptère pour transporter les pompiers forestiers sont intervenus sur les lieux, assistés des pompiers de la MRC de la Matanie. Dimanche après-midi, une cinquantaine de sapeurs combattaient toujours l'incendie au sol. Une pelle mécanique était également dans la tourbière afin de creuser des tranchées visant à arrêter la propagation du brasier.
Toujours en activité
Bien que l'ampleur de l'incendie se soit affaiblie, il était toujours en activité dimanche. D'ailleurs, deux avions CL-415 en provenance de Sept-Îles et un aéropointeur qui dirige les opérations de combat tant au sol que dans les airs sont revenus dès 7h dimanche matin afin d'arroser le secteur. «Ils peuvent en avoir pour plusieurs jours, peut-être même deux semaines à arroser avant que le feu soit complètement éteint», indique Marc Plante de la SOPFEU.
Aucune évacuation des résidences de la route Centrale, où se situent les installations de la tourbière appartenant aux Tourbes Nirom Peat Moss de Rivière-du-Loup, n'a été nécessaire. L'approvisionnement en eau potable a cependant été interrompu samedi en raison d'un bris de l'aqueduc municipal survenu à la suite du remplissage du camion-citerne du service des incendies.
À cause d'un tracteur?
Les causes exactes de l'incendie n'ont pas été confirmées. «On ne sait pas trop encore si c'est à cause de la machinerie, signale le gérant de la tourbière, Daniel Levasseur, qui s'est dit complètement dépassé par les événements. Mais, on pense que c'est possiblement dû à un tracteur.» Selon M. Plante de la SOPFEU, une seule petite poussière qui tombe sur une pièce d'équipement très chaude peut provoquer un incendie. Avec la chaleur et le temps sec, la tourbe est hautement inflammable.
M. Levasseur et le propriétaire de la tourbière, Marcel Lévesque, ne peuvent pour l'instant chiffrer les pertes financières occasionnées par ce sinistre. «C'est une perte de matériel, souligne le gérant. C'est de la tourbe qui restait à ensacher.» Il assure cependant que la situation n'entraînera aucune perte d'emplois. D'ailleurs, les 17 employés étaient à pied d'oeuvre afin d'aider l'équipe de la SOPFEU. «Ils travaillent jour et soir», mentionne Daniel Levasseur.