Michele Torre a pris un avion en direction de l’Europe avec deux agents des services frontaliers du Canada, a indiqué son avocat, Stéphane Handfield.

Un ex-mafieux Québécois déporté en Italie

MONTRÉAL — Michele Torre, un Québécois reconnu coupable dans un complot lié à la mafia en 1996, est finalement à court d’options et a dû monter à bord d’un avion pour être déporté dans son Italie natale, vendredi soir.

M. Torre a pris un avion en direction de l’Europe avec deux agents des services frontaliers du Canada, a indiqué son avocat, Stéphane Handfield.

Le ministre canadien de la Sécurité publique est intervenu au moins quatre fois dans le dossier de M. Torre pour éviter sa déportation. Mais cette fois-ci, le ministre Ralph Goodale ne lui a pas accordé de sursis. Me Handfield a envoyé un courriel à son bureau vendredi matin, mais il dit n’avoir obtenu aucune réponse.

Michele Torre, âgé de 66 ans, avait reçu sa résidence permanente après être arrivé d’Italie en 1967, alors qu’il était adolescent. Il a été reconnu coupable en 1996 dans un complot d’importation de cocaïne lié à la famille criminelle des Cotroni. Il a purgé une partie de sa peine de prison de neuf ans.

En 2006, M. Torre s’est retrouvé une fois de plus dans les mailles de la police, qui à l’époque, menait une opération pour démanteler le réseau montréalais de la mafia. Il avait alors passé trois ans en prison, avant d’être acquitté. Depuis 2013, le gouvernement fédéral cherche à renvoyer M. Torre pour «grande criminalité et criminalité organisée».

M. Torre et sa famille martèlent que sa déportation est injuste étant donné que sa dernière condamnation date d’il y a 23 ans. Ils demandaient au gouvernement d’intervenir pour des motifs humanitaires puisqu’il a vécu presque toute sa vie au pays et que toute sa famille est établie au Canada.

Michele Torre a déjà failli être déporté à plusieurs reprises. En 2016, il a évité la déportation de justesse, alors que 90 minutes avant son vol, il avait obtenu un sursis. Il avait alors reçu un permis de séjour temporaire de deux ans. Lorsque celui-ci est venu à échéance, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a fixé une date de déportation, le 28 février. Mais une fois de plus, le bureau du ministre de la Sécurité Ralph Goodale était intervenu.

Me Handfield a déploré que son client soit accompagné d’agents de l’ASFC lors de son vol, ce qui lui nuira à son arrivée en Italie, selon lui. «On s’inquiète de son arrivée. Que feront les douaniers italiens?», a-t-il déploré.

Un porte-parole de M. Goodale a dit que le ministre ne pouvait pas commenter des cas particuliers.