La jeune femme n'a pas inventé la rencontre du 6 février 2017 à la chambre de Mohamed Mehdi Ganmi, au pavillon Parent. À l'initiative de la jeune femme, les deux partenaires du moment se sont livrés à des jeux sexuels, sans relation sexuelle complète.

Un étudiant de l'UL faussement accusé d'agression sexuelle

Il y a trois mois, Mohamed Mehdi Ghanmi était aux yeux de la police un présumé agresseur sexuel qu'il fallait bannir du campus de l'Université Laval. Aujourd'hui, la poursuite a abandonné l'accusation après avoir reçu de nouveaux éléments de preuve.
L'étudiant de 26 ans a le regard triste de celui qui vient de traverser la pire période de sa vie. «C'était très difficile», glisse-t-il.
En janvier, il a quitté sa Tunisie natale - son premier voyage à vie - pour venir faire son MBA en administration des affaires à l'Université Laval. 
Il prend une chambre au pavillon Alphonse-Marie Parent de l'Université Laval, la résidence théâtre d'une série d'introduction par effraction et d'agressions sexuelles en octobre.
Mohamed Mehdi Ghanmi, au palais de justice de QUébec
Fin janvier, Mohamed Mehdi Ghanmi rencontre une jeune fille, aussi une étudiante étrangère, qui habite à quelques kilomètres du campus. Durant les jours suivants, la jeune fille insiste, dit Mohamed Mehdi Ghanmi, pour avoir une relation sexuelle avec lui. «Par prudence, j'ai toujours refusé, je ne la connais presque pas, explique le jeune homme. On n'a jamais couché ensemble.»
Le soir du 6 février, l'étudiant à la maîtrise sert à la jeune fille un ultime refus. Selon Mohamed Mehdi Ghanmi, la jeune fille, fâchée, quitte sa chambre. 
Elle a aussitôt porté plainte à la police, disant avoir été agressée sexuellement. 
L'étudiant a été arrêté trois jours plus tard. «L'enquêteur m'a traité comme si j'étais déjà coupable, pas comme si j'étais un accusé, dit Mohamed Mehdi Ghanmi. J'essayais de lui expliquer, mais je ne comprenais pas pourquoi il la croyait elle et pas moi.»
L'étudiant à la maîtrise savait que dans sa messagerie Facebook, il avait de multiples conversations où la jeune fille réclamait une relation sexuelle.
L'avocat de Mohamed Mehdi Ghanmi, Me Marc Delisle, a fait imprimer chacune des conversations et les a envoyées aux représentants de la Couronne.
Après étude du dossier, le procureur de la Couronne en chef à Québec, Me Sabin Ouellet, a ordonné un arrêt des procédures (nolle prosequi). Mohamed Mehdi Ghanmi était donc convoqué mercredi matin devant la Cour du Québec pour entendre de ses propres oreilles son cauchemar se terminer.
«Compte tenu de l'état du dossier et de la preuve disponible, le poursuivant n'est plus moralement convaincu qu'une preuve suffisante pourrait soutenir l'accusation telle que portée», a indiqué à la cour la procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe, rappelant que le procureur «doit garder l'esprit ouvert et être objectif».
Le juge Alain Morand n'avait plus qu'à annoncer que le dossier était rayé du rôle, définitivement.
Mohamed Mehdi Ghanmi a quitté la salle de cour et est allé récupérer son passeport, déposé au greffe lors de sa remise en liberté.
Révision en cours
C'est la fin des procédures judiciaires pour l'étudiant, mais le début du processus de révision avec l'Université Laval. 
Mohamed Mehdi Ghanmi a été expulsé de l'Université jusqu'à la fin des procédures avec interdiction de se trouver sur le campus.
Il souhaite trouver un terrain d'entente avec l'institution pour poursuivre ses études. La porte-parole de l'Université Laval, Andrée-Anne Stewart a fait savoir que «à la lumière des nouvelles informations, l'Université Laval fera les démarches nécessaires pour réviser le dossier de Mohammed Mehdi Ghanmi».