L’établissement bien connu du quartier Saint-Roch a fermé ses portes en avril 2017.

Un employé séropositif poursuit l’ancien restaurant Le Boudoir

La Commission des droits de la personne dépose une poursuite au nom d’un ex-employé du Boudoir qui allègue avoir été congédié parce qu’il est séropositif.

L’établissement bien connu du quartier Saint-Roch a fermé ses portes en avril 2017. La plainte de l’ex-employé a été portée devant la Commission des droits de la personne en juin 2014.

Victor* a commencé à travailler au resto-lounge Le Boudoir en juillet 2013. Il occupe un boulot à temps plein comme plongeur et aide-cuisinier.

Le 11 février 2014, il est convoqué à une rencontre avec le copropriétaire du Boudoir, Yan Bouchard, et le chef cuisinier Yannick Gagnon.

Selon les allégations de la poursuite déposée la semaine dernière devant le Tribunal des droits de la personne, les patrons s’inquiètent des nombreuses absences de Victor et de ses visites chez le médecin et pharmacien. Ils craignent qu’il soit un consommateur de drogue.


Toujours selon la requête, Yan Bouchard et Yannick Gagnon trouvent parfois étrange le comportement de Victor et se demandent pourquoi il a apposé dans les cuisines des affiches sur les règles d’hygiène.

Victor se sent alors forcé de confier à ses patrons qu’il vit avec le VIH depuis décembre 2005 et qu’il a de nombreux rendez-vous médicaux. Deux jours après la rencontre, Victor doit s’absenter pour une raison de maladie.

Le 18 février 2014, Victor reçoit un appel de Yannick Gagnon. Le chef cuisinier lui annonce qu’il est congédié sans donner de raison valable, selon la poursuite.


Victor allègue que le fait qu’il est séropositif a été un facteur dans la décision de mettre fin à son emploi.
Il va tenter de plaider sa cause auprès des patrons du Boudoir en leur fournissant de la documentation sur les droits des personnes séropositives.

Victor allègue qu’en novembre 2014, il a été intimidé par Yan Bouchard lorsqu’il l’a croisé sur la rue. Ce dernier aurait menacé «de l’écraser comme une mouche avec ses avocats».

La Commission des droits de la personne allègue que l’employé a subi un préjudice de l’atteinte de ses droits. «La victime s’est sentie humiliée, en colère et démunie face à son congédiement», écrit la Commission des droits de la personne.

Victor réclame à Yan Bouchard et Yannick Gagnon une compensation équivalant à six semaines de salaire et des dommages punitifs, soit au total environ 20 000 $. 

* Nom fictif