David Grégoire, officier pour le service des incendies de Nantes, a expliqué que des flammes d’au moins quatre pieds sortaient de la cheminée de la locomotive, dont le moteur avait été éteint par un bouton d’urgence placé à l’extérieur de l’engin.

Un employé de la MMA a félicité les pompiers de Nantes

L’officier qui a assuré le commandement des pompiers de Nantes pour éteindre le feu de la locomotive de tête du convoi ferroviaire stationné à Nantes le 5 juillet 2013 a été félicité par un employé de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA) pour leur intervention.

David Grégoire, officier pour le service des incendies de Nantes, a été appelé à la barre, mardi, au 19e jour du procès des trois ex-employés de la MMA au palais de justice de Sherbrooke.

Le conducteur du train Thomas Harding, le contrôleur de circulation ferroviaire Richard Labrie et le directeur des opérations Jean Demaître sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à la suite de la tragédie ferroviaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

David Grégoire venait de terminer un souper au Musi-Café de Lac-Mégantic lorsqu’il a été appelé pour « un feu de véhicule sur la route 161 à Nantes » un peu avant 23 h 30 le 5 juillet 2013.

« J’ai constaté un incendie dans la cheminée de la locomotive », explique M. Grégoire qui estime que 15 à 17 pompiers étaient sur place.

Il a demandé aux pompiers de faire le tour de la locomotive pour trouver le bouton pour éteindre la locomotive sans y monter. « Lorsqu’on me confirme que le bouton a été actionné, le moteur s’est éteint puis le feu a arrêté », a témoigné David Grégoire qui intervenait sur un feu de locomotive pour la première fois.

Il a affirmé au jury avoir contacté un dénommé Daniel Aubé à la MMA qui l’a assuré qu’il prendrait la situation en main. Quelques minutes plus tard, il a expliqué l’intervention directement sur place à un autre employé de la MMA, Jean-Noël Busque à moins d’un mètre de la locomotive.

Il a expliqué que des flammes d’au moins quatre pieds sortaient de la cheminée, que le moteur de la locomotive avait été éteint par un bouton d’urgence placé à l’extérieur de la locomotive et que des disjoncteurs avaient été fermés dans la locomotive.

« L’employé nous a répondu que tout ce que nous avions fait était parfait et que nous avions fait la bonne intervention », a témoigné David Grégoire qui n’avait pas remarqué que la locomotive sur laquelle il est intervenu transportait un convoi de pétrole brut.

Également pompier à Lac-Mégantic, David Grégoire a été appelé à intervenir environ 45 minutes plus tard après le déraillement de ce même train au centre-ville le 6 juillet 2013.


J’étais étonné que la locomotive soit en marche.
Sébastien Pépin

Témoins de l’incendie

Un contremaître de l’entretien de la voie du Canadien Pacifique (CP), Sébastien Pépin a aussi été appelé à la barre. Il a été témoin de l’incendie de la locomotive.

Il a constaté qu’une fois le moteur de la locomotive éteint, les flammes ont cessé.

« J’étais étonné que la locomotive soit en marche. Je ne sais pas comment ça marche chez MMA, mais chez CP lorsqu’un engin arrêté sur la « main line », il y a toujours un « crew » qui change de « crew » sur place. Il ne semblait y avoir personne sur place », souligne Sébastien Pépin qui est resté sur place jusqu’à ce que les pompiers éteignent l’incendie.

Ce témoin n’a constaté aucun mouvement de la locomotive pendant qu’il était sur place.

Denis-Claude Vallée qui retrouvait chez lui après une soirée country à Lac-Mégantic a aperçu les flammes provenant de la locomotive de tête du convoi de la MMA à Nantes en retournant chez lui.

« Je suis retourné à mon véhicule et j’ai fait le 9-1-1», a expliqué ce témoin.

Il a filmé cinq séquences vidéo de l’incendie à la locomotive de tête de la MMA de même que le début de l’intervention des pompiers de Nantes. Ces images ont été remises aux enquêteurs de la Sûreté du Québec et présentée, mardi, au jury.

Le chauffeur de taxi a offert à Harding de le ramener au train

Le chauffeur de taxi qui a reconduit Thomas Harding à l’Eau’ Berge de Lac-Mégantic la nuit de la tragédie de Lac-Mégantic avait remarqué un nuage de fumée noire provenant d’une des locomotives de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA) stationnées à Nantes.

André Turcotte avait offert au conducteur du train Thomas Harding, accusé avec Richard Labrie et Jean Demaître, de le ramener au train à Nantes s’il y avait un problème.

Le chauffeur de taxi avait noté que le train était encore en fonction le 5 juillet 2013 vers 23 h 15 lorsqu’il est allé y chercher Thomas Harding. Il avait remarqué une matière huileuse sur son pare-brise, sur les bras de Thomas Harding puis sur son véhicule taxi.

« J’ai demandé à Tom sur ce qui se passait parce que d’habitude, il n’y avait pas de boucane de même après l’engin. C’est la première fois que je voyais des « picots » d’huile de cette façon. Il m’a répondu que l’engin avait travaillé fort sur le chemin pour s’en venir et que la compagnie lui avait dit de se rendre quand même  », souligne M. Turcotte.

Préoccupé par l’environnement, selon son témoignage, André Turcotte a insisté pour savoir ce qui se passait.

« Il m’a répondu que la compagnie lui avait dit de laisser « runner » l’engin et que si le niveau d’huile baissait, il allait s’arrêter (...) Il m’a répondu que le contremaître Dumaître était parent avec des gens de l’environnement et qu’il ne se faisait jamais « checker » les locomotives », a témoigné le chauffeur de taxi méganticois.

Il se rappelle aussi que Thomas Harding lui a affirmé qu’il devrait peut-être appeler du côté américain pour signaler le problème parce qu’ils étaient « plus pesants ».

André Turcotte a témoigné n’avoir jamais rencontré, vu ou discuté avec l’accusé Jean Demaître pas plus qu’il n’avait entendu parler de Richard Labrie.

Le chauffeur de taxi, André Turcotte