Le séisme a fait d'importants dommages sur les îles indonésiennes.

Un couple gatinois survit au séisme en Indonésie

Le Gatinois Marc Boisseau se souviendra toute sa vie de cette nuit dans un champ, au beau milieu de chevaux affolés qui ressentaient l’arrivée d’un autre tremblement de terre.

M. Boisseau a survécu au violent séisme de magnitude 6,9 qui a frappé de petites îles indonésiennes, dimanche. Lui et sa conjointe, Line Côté, effectuaient un périple de près d’un mois dans cette région du monde, située dans la Ceinture de feu, non loin de Bali.

Depuis la ville d’Ubud, toujours en Indonésie, M. Boisseau raconte son histoire au Droit.

« Il devait être 19 h 45 (heure locale) dimanche, quand il y a eu la première secousse. Nous étions hébergés dans de petites ‘cabines’ de bois, à Gili Air. Très jolies, mais très fragiles aussi. Vous dire comment le tremblement était puissant, est difficile. C’était intense... Comme si vous étiez dans une voiture, sur la glace noire, et que vous vous faisiez tamponner par d’autres voitures. Nous nous sommes réfugiés sous le lit. C’était affreusement long. »

Puis, le calme. M. Boisseau et sa conjointe se sont regardés. « Nous sommes en vie. »

Le couple est sorti pour constater que les murs des bâtiments étaient craqués, que les clôtures étaient au sol, que les vitres des hôtels étaient cassées. « Personne ne hurlait, dit-il. C’était même très calme. Il y avait une sorte de résilience dans l’air. »

Marc Boisseau et Line Côté se souviendront toujours de leur séjour en Indonésie.

Le bilan officiel est monté à 131 morts, mercredi. Selon M. Boisseau, il y en a beaucoup plus. Presque tout a été détruit dans la région.

« Plusieurs gens de la place sont partis, car ils ont eu peur de l’eau, d’un éventuel raz-de-marée. »

Le couple et des touristes français, rencontrés à la suite du séisme, ont alors cherché à quitter l’île pour rejoindre une ville, et obtenir de l’aide.

Voyageur avisé, M. Boisseau avait plusieurs piles, comptait sur un solide réseau cellulaire, et trois téléphones. Malgré l’isolement des petites îles paradisiaques, il a pu rejoindre ses proches, et enfin l’ambassade du Canada en Indonésie, qui a collaboré avec l’ambassade australienne. « Ils ont été très bons, il faut le souligner. »

Attendant qu’un équipage de bateau puisse les embarquer vers une autre île, les Gatinois ont dû passer les deux nuits suivantes à la belle étoile.

La nuit de lundi à mardi s’est déroulée sur la plage, à la belle étoile.

M. Boisseau et sa conjointe ont refusé de payer pour embarquer dans des bateaux qui prenaient l’eau.

« En trois jours, il y a eu 7 ou 8 séismes de magnitude 5, raconte-t-il. Puis, on en a compté 120, peut-être 150 de moindre force. C’était incessant. »

Difficile à imaginer, concède-t-il, mais bien vrai.

« Devant la menace de raz-de-marée. On nous a dit de prier. »

Cette menace ne s’est heureusement jamais concrétisée. « Il n’y a eu aucune sirène d’alarme sur notre île. Nous n’entendions que les vagues et le vent. »

La nuit de lundi à mardi s’est déroulée sur la plage, à la belle étoile. « Le son de l’eau nous faisait peur, dit-il. Nous pensions constamment au raz-de-marée. »

Leurs nouveaux amis français ont partagé un peu de nourriture, surtout des œufs. Les sinistrés ont eu accès à quelques bières, « mais ça passait de travers ».

Les survivants devaient trouver un terrain dégagé afin de se protéger face à d'éventuels séismes.

Chevaux

Leur deuxième nuit, de lundi à mardi, a été infernale.

« Nous avions trouvé un champ de chevaux en liberté. Puisque les murs menaçaient de tomber partout, il nous fallait rester en terrain dégagé. »

Mais quelque chose d’inoubliable s’est produit.

« On s’installe dans la noirceur, avec nos couvertures. Soudain, les chevaux se mettent à piaffer, à hennir, à se débattre, puis à ruer de façon très violente. Les chevaux ne nous voyaient presque pas et ils se débattaient juste à côté de nous. C’était l’enfer. Puis, 10 ou 15 minutes plus tard, la terre s’est mise à trembler à nouveau. Les bêtes l’avaient senti. Dans des cas semblables, les oiseaux arrêtent de siffler, aussi. C’était un séisme de 5,2. Assez fort... Les chevaux nous entourent, affolés, et on entend des murs s’affaisser. »

Après cette nuit d’effroi, le couple a rejoint l’île de Lombok, puis Bali.

La nuit de mardi à mercredi leur fait du bien. Les deux Gatinois ont bien dormi, et ont pu terminer leur voyage malgré tout. Ils seront de retour cette semaine.

« Ça donne la chienne, comme on dit ! »