Un collectionneur d'armes condamné à 18 mois de prison

Un collectionneur a poussé trop loin sa passion pour les armes à feu et le tir et vient d’être condamné à 18 mois de prison pour avoir acheté des armes et des dispositifs prohibés à un fabricant illégal.

Raynald Nadeau, de Québec, a aujourd’hui 53 ans. Il a fait carrière dans la production vidéo, notamment dans des stations de télé, et n’a aucun antécédent judiciaire.

Dans les années 1990, il développe une curiosité, puis un intérêt pour les armes et leur mécanisme. Il achète progressivement plusieurs armes et commence à pratiquer le tir dans un club autorisé. Un simple loisir, qui le détend, a-t-il indiqué à la cour.

Raynald Nadeau sera arrêté en 2013, en même temps que plusieurs autres personnes, dans le cadre d’une enquête policière sur le trafic d’armes au Canada et transfrontalier.

Lorsque les policiers perquisitionnent chez Nadeau, ils trouvent 11 chargeurs à grande capacité, un silencieux et un fusil d’assaut AR-15 avec des munitions accessibles. Ils savent que Nadeau a acheté ces armes et dispositifs à David Thériault, un ex-militaire originaire de Lyster, qui fabrique des armes et les vend sur Internet. Thériault a depuis été condamné à six ans de prison par une cour ontarienne.

Les policiers ont aussi vu chez Raynald Nadeau un lot d’armes légales mal entreposées : deux carabines .22, deux carabines .5.56, une arme de poing .40SW, une arme à feu .357 magnum, une arme de poing .45, deux armes 9mm et un fusil .12

Au terme d’un procès, Raynald Nadeau a été déclaré coupable de plusieurs infractions de possession d’armes à feu et de dispositifs prohibés sans être titulaire de permis et d’entreposage négligent d’armes à feu.

L’avocat de Nadeau a porté cette condamnation en appel.

Entretemps, le juge Jean Asselin de la Cour du Québec a condamné le collectionneur à une peine de 18 mois de prison, bien loin de l’absolution conditionnelle suggérée par la défense.

Vrai que l’accusé a exprimé des remords sincères et même produit une vidéo éducative expliquant la législation sur les armes à feu.
Message clair

Mais, souligne le juge Asselin dans sa décision, le message des tribunaux doit être clair et sans équivoque pour les infractions concernant les armes prohibées, responsables de plusieurs drames.

«L’accusé n’a pas résisté à la tentation, constate le juge Asselin. Il y a une réflexion et une démarche derrière l’achat de ce matériel qui dépasse la simple erreur de jugement.»

Même si le contrevenant n’est animé par aucune intention malveillante, ajoute le juge, l’achat d’armes et de dispositifs clandestins pose un risque pour la sécurité du public.

Le principe de dissuasion générale doit donc être priorisé dans ce cas, malgré le bon profil de l’accusé et son faible risque de récidive.

En plus de la peine de détention de 18 mois, le juge a imposé à Nadeau une interdiction de posséder des armes pour 10 ans et des armes prohibées à perpétuité.
Raynald Nadeau a été remis en liberté sous conditions durant les procédures d’appel.