Trente-trois mois de prison pour l’enlèvement d’une jeune femme

Le jeune Samuel Proulx, 20 ans, coupable d’avoir enlevé une jeune femme de Québec et de l’avoir forcée à le conduire jusqu’à Sherbrooke, écope d’une peine de 33 mois de prison.

Proulx, sans antécédent judiciaire, avait aussi plaidé coupable à deux vols de dépanneur à la pointe du couteau commis à Sherbrooke, en février 2018.

L’enlèvement est survenu le soir du 22 septembre 2018, dans le secteur Val-Bélair. Samuel Proulx, cagoulé et armé, s’est introduit dans le véhicule d’une jeune femme de 19 ans qui était sortie quelques minutes au guichet automatique.

Lorsque la jeune femme revient s’installer au volant, Proulx braque son arme, qui était un pistolet à plombs. Il va attacher la jeune femme avec des attaches autobloquantes, tout en lui laissant les mains et les pieds libres pour conduire. 

Sous la menace, il obtiendra son numéro d’identification personnelle et va faire un retrait de 680 $ dans le compte de sa victime. Ensuite, il ordonne à la jeune femme de le conduire jusqu’à Sherbrooke, où il habite. Morte de peur, la conductrice s’exécute.

Rendu près de chez lui, Samuel Proulx relâche sa victime, en gardant ses cartes d’identité et en la menaçant de représailles si elle porte plainte à la police. 

Très ébranlée, la jeune femme réussit à retourner chez elle et contacte les policiers.

Samuel Proulx a été intercepté par les policiers sherbrookois quelques jours plus tard. Il a rapidement avoué ses crimes, les mettant en grande partie sur le dos d’une consommation intensive de drogue.

La jeune victime était présente en salle d’audience lundi pour entendre son kidnappeur recevoir sa peine. Si elle n’a pas été blessée physiquement lors de l’enlèvement, les marques psychologiques sont nombreuses, a-t-elle expliqué dans une lettre remise à la juge Johanne Roy de la Cour du Québec.

Vaines excuses

Du box de détention, Samuel Proulx a regardé sa victime pendant de longues secondes pour lui présenter ses excuses, ajoutant qu’il savait que cela n’arrangerait rien.

Prenant son regard des mauvais jours, la juge Johanne Roy a averti le jeune délinquant qu’un très long parcours l’attendait avant d’arriver à la réhabilitation.

«Vous banalisez le problème que vous avez, dit la juge, en lisant au dossier que Proulx envisage de reprendre de l’alcool et du cannabis occasionnellement. Il va falloir que vous vous regardiez avec lucidité en voyant ce sur quoi vous devez travailler.»

La toxicomanie n’est qu’un aspect du problème a souligné la juge. Le jeune homme doit aussi faire à ses comportements violents et manipulateurs.

Une fois soustraite la détention purgée depuis son arrestation, Samuel Proulx aura encore deux ans moins un jour à purger derrière les barreaux. Il sera par la suite en probation durant trois ans, tel que proposé par les procureurs de la Couronne et de la défense dans leur suggestion commune sur la peine.