Toby Carrier

Toby Carrier ne paraissait pas troublé par son geste, témoigne un ami

Selon un ami chez qui Toby Carrier s'est réfugié après avoir tué son frère et tenté de faire de même avec ses parents le 31 mars 2009 à Matane, l'accusé ne paraissait guère troublé par ce qu'il venait de faire.
«Il nous contait ça [le drame] comme s'il revenait de l'épicerie. C'était une journée normale pour lui», a raconté l'ami en question, Mike Pelletier, qui dormait chez lui avec sa conjointe lorsque Carrier est débarqué vers 0h30 dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2009, avec des vêtements couverts de sang.
Une fois assis à table avec le témoin et sa conjointe, l'accusé aurait simplement déclaré qu'il avait essayé de tuer sa famille. Il aurait froidement expliqué que ce n'était pas aussi facile que dans les films de trancher une gorge. Il aurait aussi rigolé du son que faisait le couteau quand il frappait son père au crâne.
«J'étais complètement abasourdi», de déclarer le témoin, qui a ajouté plus loin que «la seule chose qu'il [l'accusé] regrettait, c'était d'avoir manqué son coup. Dans son esprit, il n'y a personne de mort», a-t-il lancé au juge. Le témoin a aussi souligné que Carrier lui a parlé à quelques reprises de mettre fin à ses jours.
Le témoin a également affirmé qu'à son avis, Carrier avait «un sourire fendant» lorsque la policière qui l'a arrêté lui a déclaré qu'il était arrêté pour meurtre et deux tentatives de meurtre. «Ah ouais, lequel j'ai tué?», aurait-il lancé.
Contradictions
En contre-interrogatoire, Me Roland Roy a relevé des contradictions entre la déclaration du témoin vendredi et celles faites le lendemain des événements ou lors du premier procès. Pelletier n'a notamment pas parlé du sourire lors de sa déclaration du 1er avril 2009. L'avocat de la défense a aussi fait valoir que Mike Pelletier a fait défaut à la loi durant trois ans, lui qui a déjà été condamné pour trafic de méthamphétamines.
En matinée, le père de l'accusé, Nelson Carrier, a terminé son témoignage. On a alors appris que le meurtre de son fils Ismaël et l'attaque de Toby contre lui et son épouse n'était pas le seul drame d'importance qu'il avait vécu. Il a en effet assisté, alors qu'il avait 11 ans, au meurtre de sa mère, commis par son père.
Son père a été déclaré non criminellement responsable de ses actes. Il avait donc évité la prison pour être interné dans un hôpital psychiatrique. «Quand il a reçu son verdict, je n'ai pas eu le choix de l'accepter», a déclaré l'homme, qui a avoué avoir nourri «de la haine et de l'amertume» envers son père. Il lui a toutefois pardonné à l'âge de 19 ans, lorsqu'il s'est converti à la foi évangélique, qu'il pratique toujours aujourd'hui.
M. Carrier a signalé que son épouse et lui s'inquiétaient depuis longtemps de l'état de santé mentale de Toby. Ils croyaient d'ailleurs qu'il vivait une dépression, mais le jeune homme refusait catégoriquement de rencontrer un médecin. Le procès de Toby Carrier se poursuivra lundi au palais de justice de Baie-Comeau.