Toby Carrier

Toby Carrier aurait eu un «épisode dissociatif»

Selon la psychiatre de la défense, Toby Carrier aurait souffert d'un trouble de dissociation, le soir du 31 mars 2009, lorsqu'il a assassiné son frère Ismaël et tenté de tuer ses parents avec un couteau de cuisine dans la résidence familiale.
La docteure Marie-Frédérique Allard, appelée par la défense pour l'évaluation psychiatrique de l'accusé, a estimé que ce dernier répondait aux critères de personnalité limite et qu'il était clair pour elle qu'il était dysphorique. «Cet homme-là, on le sent, est triste et morose», a-t-elle témoigné hier au second procès de Carrier, qui se déroule au palais de justice de Baie-Comeau même si le crime a été commis à Matane.
Selon Mme Allard, connue notamment pour avoir témoigné pour la défense dans les procès de Luka Rocco Magnotta et de Richard Henry Bain, l'élément déclencheur de cet «épisode dissociatif» est l'envie de se suicider de l'accusé.
Cette envie, combinée à la dépression majeure qu'aurait éprouvée Carrier à l'époque, a conduit à ce drame, toujours selon la spécialiste, soutenant ainsi qu'il n'y avait rien d'intentionnel dans les gestes de Toby Carrier. «Si [l'accusé] voulait tuer ses parents, pourquoi a-t-il arrêté après avoir vu Ismaël tomber? Il peut être revenu à lui là», a analysé Marie-Frédérique Allard.
Le matin du 31 mars 2009, Toby Carrier a affirmé qu'il s'est levé avec la ferme intention de mettre fin à ses jours, sans toutefois avoir de plan. Plus le moment du drame approchait, plus l'accusé sentait qu'il se dégonflait et qu'il n'irait pas jusqu'à s'enlever la vie, selon son témoignage. «Tout ça lui a apporté une grande pression, une charge émotive. C'est ça qui l'a amené à dissocier», a souligné l'experte.
La psychiatre a précisé que le type de trouble de dissociation dont aurait été frappé Carrier était plus exactement un trouble de déréalisation/dépersonnalisation. Ceux et celles qui en sont atteints «se sentent détachés, extérieurs à leurs corps», peuvent sentir une certaine forme d'engourdissement et voir ce qui se passe devant eux «comme dans un rêve, un film».
«Un grand frisson»
On se souviendra que tout au long de son témoignage, Toby Carrier a refusé de dire que c'était lui qui avait attaqué sa famille à coups de couteau. Il affirmait plutôt que c'était son corps qui avait commis ces crimes, après avoir ressenti «un grand frisson» et un engourdissement.
Avant le témoignage de Marie-Frédérique Allard, l'accusé était à la barre afin que le ministère public complète son contre-interrogatoire. Carrier a convenu avec Me Guy Loisel qu'en n'évoquant pas l'épisode dissociatif, il n'avait pas dit la vérité aux trois amis qu'il a vus après le drame et l'enquêteur qui l'a interrogé. «J'en ai rajouté pas mal», a-t-il affirmé à propos de son interrogatoire par le policier.