En juin dernier, en pleine période du ramadan, une tête de porc avait été déposée - emballée et ornée de l'inscription «bonne [sic] appétit» - devant une des portes du Centre culturel islamique de Québec.

Tête de porc, tracts, graffitis: la police assure qu'elle n'a négligé aucune piste

La police et le maire de Québec ont assuré lundi que tous les gestes d'intolérance ayant visé la communauté musulmane de la capitale avant ce tragique dimanche avaient été pris au sérieux et fait l'objet d'une enquête.
En juin dernier, en pleine période du ramadan, une tête de porc avait été déposée - emballée et ornée de l'inscription «bonne [sic] appétit» - devant une des portes du Centre culturel islamique de Québec. Quelques semaines plus tard, des tracts islamophobes étaient distribués dans des boîtes aux lettres de Québec.
En 2011, des graffitis avec l'inscription «white power» et une croix gammée étaient apparus sur les murs de la mosquée. Au fil des dernières années, des femmes voilées ont également rapporté s'être fait insulter et même cracher dessus. 
Le nouveau chef de police de Québec, Robert Pigeon, entré en poste en novembre, a garanti que tous ces dossiers ont fait l'objet d'un suivi adéquat. 
«L'ensemble de tous ces petits évènements-là ont tous été traités avec diligence et célérité et ont été partagés avec nos correspondants de l'équipe intégrée sur la sécurité nationale. Pour l'instant, il est impossible de faire aucun lien entre ces évènements-là et les évènements d'hier», a lancé l'ancien de la Sûreté du Québec (SQ). 
M. Pigeon a affirmé que rien ne laissait présager une attaque dans la capitale québécoise. «Il n'y avait absolument aucune menace précise pour la ville de Québec et le niveau de menace est demeuré modéré pour l'ensemble du Canada», a-t-il rapporté après vérification auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la SQ. 
Surveillées depuis plusieurs années
En raison des incidents du passé, les trois mosquées situées sur le territoire de la ville de Québec faisaient tout de même l'objet d'une surveillance policière plus serrée «depuis plusieurs années», a indiqué l'inspecteur Denis Turcotte du Service de police de la Ville de Québec. «Ça nous a permis de connaître les lieux et d'intervenir efficacement», a-t-il souligné. 
Le maire Régis Labeaume a également insisté sur le fait que toutes les plaintes ont été prises «très au sérieux». «Le problème, on a eu cette discussion ce matin, c'est que nous ne sommes pas retournés à eux [les responsables musulmans] avec l'information. L'histoire de la tête de porc est allée aussi haut que la GRC, au niveau fédéral, au niveau national», a-t-il expliqué en point de presse. 
Si la communauté n'a pas été suffisamment informée de toutes les démarches policières, c'est qu'il faut généralement garder ces informations secrètes, a fait valoir M. Labeaume. Il a laissé tomber que c'est «peut-être trop secret des fois».