Nicolas Boudreau est évacué après avoir tenté de se suicider en pleine salle de cour, mercredi, au palais de justice de Québec.

Tentative de suicide devant le juge

Un ex-professeur de chimie du cégep Limoilou Nicolas Boudreau, 52 ans, a tenté de s'enlever la vie en salle d'audience, tout juste après avoir été condamné à une peine de prison de six mois pour possession de pornographie juvénile.
L'homme de 52 ans, suspendu sans solde depuis son arrestation en 2013, était en liberté durant les procédures. 
Il s'est assis seul, dans la première rangée de la salle d'audience et n'a jamais pris le temps de s'adosser à son siège.
Nicolas Boudreau n'avait pas amené de bagages pour un séjour en prison. Son avocat, Me Nicolas Déry, l'accompagnait pour entendre la peine. Aucun proche n'était présent; seuls les journalistes judiciaires étaient là pour suivre la fin de l'histoire.
Le professeur de chimie a semblé écouter attentivement le juge Christian Boulet de la Cour du Québec qui résumait ses crimes, son plaidoyer de culpabilité, ses espoirs de reprendre l'enseignement.
La Couronne réclamait une peine entre 18 et 20 mois de prison. La défense suggérait une peine de 90 jours discontinus avec des travaux communautaires.
Dès que le juge Boulet a prononcé les mots de «six mois de prison», Boudreau a brusquement avalé le contenu granuleux d'un petit flacon.
Les deux constables spéciaux qui se trouvaient à quelques pas de lui sont aussitôt intervenus et lui ont demandé de recracher la substance.
Les spectateurs, vite évacués, ont pu entendre l'homme tousser, écroulé au sol. Avec des collègues, les constables spéciaux ont procédé aux manoeuvres de réanimation le temps que les ambulanciers arrivent. 
Lorsqu'il a quitté le palais de justice, Nicolas Boudreau avait un faible pouls. En début de soirée, il était toujours en vie à l'hôpital.
Au ministère de la Sécurité publique, il n'a pas été possible d'apprendre si des mesures de sécurité spéciales sont prises pour encadrer les accusés suicidaires lors des présences à la cour.
Déviance et souffrance
Les accusés en liberté, tout comme le public, ne sont pas fouillés en entrant en salle d'audience, sauf de rares exceptions.
Nicolas Boudreau, sans antécédent judiciaire, fait partie de la longue liste de clients arrêtés après la perquisition en 2011 chez Azov Films. L'entreprise de Toronto produisait des films pornographiques mettant en vedette des enfants.
Lorsqu'ils ont fouillé chez Nicolas Boudreau, les policiers ont trouvé 125 dvd de pornographie juvénile, dont 5 achetés de Azov. Le professeur a pu voir 
56 000 images et 473 vidéos de garçons prépubères ayant des contacts sexuels entre eux et avec des adultes.
Nicolas Boudreau a accumulé de la pornographie juvénile de septembre 2009 jusqu'à son arrestation. 
L'homme solitaire, issue d'une famille brisée, a raconté aux agents de probation qu'il a vomi la première fois où il a regardé les images.
Sa déviance s'est toutefois révélée plus forte que son dégoût et il s'est mis à consommer de la pornographie juvénile à tous les jours.
L'homme savait qu'il encourageait ainsi des gestes d'agression sexuelle sur des enfants, mais il estimait ses délits moins graves que de passer lui-même à l'acte.
En 25 ans comme entraîneur de soccer, Boudreau affirme n'avoir jamais touché un enfant.
Témoignant aux représentations sur la peine, Nicolas Boudreau a dit se voir «comme un déchet de la société» et avoir pensé souvent au suicide.
Il se disait volontaire pour intégrer la clinique de traitement des troubles sexuels.