Reconnu coupable de tentative de meurtre sur son ex-conjointe, Vincent Langlois-Laroche, qui était aspirant policier à l'époque, s'est excusé à sa victime et aux membres de sa famille.

Tentative de meurtre sur son ex: «L'accusé est un meurtrier chanceux»

La Couronne réclame une peine de 12 à 16 ans de prison contre Vincent Langlois-Laroche, un aspirant policier reconnu coupable en juin 2016 de tentative de meurtre sur son ex-amie de coeur. La procureure au dossier l'a comparé à un «meurtrier chanceux» pour faire comprendre que si la victime est en vie, il n'en reste pas moins que c'est un crime parmi les plus graves.
«L'accusé d'une tentative de meurtre est un meurtrier chanceux. C'est exactement le cas ici», a souligné Me Josée Lemieux à la juge Chantale Pelletier, citant la jurisprudence. 
Le jeune homme de 27 ans avait, de façon méthodique, élaboré un plan pour tuer son ancienne copine, à cette époque infirmière au CHUL. Il y mentionnait notamment : «creuser un trou, endroit où jeter les preuves; l'achat d'une corde, poids, couteau, poing américain». Il avait décrit le déroulement de l'agression. «Attendre qu'elle sorte du véhicule. Approche tactique et assommer. La mettre dans son auto. La taper et la mettre dans le coffre. Laisser le moins de traces possible.» 
Il a même posé un GPS sous la voiture de la jeune femme pour suivre ses déplacements par ordinateur. Dans la soirée du 8 au 9 juin, il a attaqué la victime après son quart de travail, près de sa voiture, rue Général-Tremblay. Il l'a frappée à la tête avec un objet avant de fuir avec l'arrivée inopinée d'une voiture. Saignant abondamment, la jeune femme de 24 ans s'est rendue à l'urgence avec l'aide d'un bon samaritain.
Le rapport présentenciel présenté au tribunal souligne que Langlois-Laroche présente des traits narcissiques et remet en doute sa capacité d'introspection. Selon la Couronne, il devrait entreprendre une démarche psychologique, ce qu'il n'a pas fait à ce jour. Me Lemieux a aussi insisté sur la nature «sauvage et acharnée» des gestes posés.
À l'autre bout du spectre, la défense estime qu'une peine de deux ans moins un jour est suffisante. Me Louis Belliard mise plutôt sur le potentiel de réhabilitation de son client, qui n'avait jamais eu auparavant un comportement délinquant.
Témoignages émouvants
Les représentations sur sentence tenue mercredi au palais de justice de Québec ont donné lieu à un émouvant témoignage de la victime, qui avait 24 ans, au moment des faits.
«Je ne peux malheureusement effacer ce cauchemar qui fait maintenant partie de mon passé ainsi que de mon présent et qui fera inévitablement partie de mon futur», a-t-elle lancé, avant de fondre en larmes et devoir prendre une pause.
Le soir de la tentative de meurtre, elle a été envahie «par un sentiment effroyable et terrifiant qu'elle allait mourir.» C'est en 2015 qu'elle «a touché le fond en ressentant encore plus de peur, de tristesse et de colère». En novembre de la même année, elle recevait un diagnostic de choc post-traumatique.
Aujourd'hui encore, elle est hantée chaque jour par les événements. Perte de sommeil et d'appétit, incapable de dormir seule, peur de rencontrer des inconnus. Elle a même changé d'établissement pour exercer sa profession. «Je dois apprendre à vivre, je ne peux effacer ce cauchemar», affirme-t-elle à la juge Pelletier.
L'accusé a aussi tenu à adresser des excuses à sa victime et aux membres des deux familles, les nommant tous et les regardant dans les yeux. 
«Il y a trois ans, je n'allais pas bien, j'étais troublé [...] Je n'incarnais pas qui je suis. Le mal est fait. Je ne peux revenir en arrière. J'en suis conscient et j'ai honte d'avoir fait souffrir des gens que j'aime. J'ai honte de ne pas m'être rendu compte de mon état mental. Je vais assumer les conséquences de mes actes.»
Ces conséquences, la juge Pelletier les fera connaître lors du prononcé de la peine, attendu le 12 juillet.