Vincent Langlois-Laroche

Tentative de meurtre: 7 ans de prison pour un ancien aspirant policier

Il est l'amoureux frustré, qui tente de tuer son ex-copine après avoir tout planifié de A à Z. Mais il est aussi l'ex-aspirant policier, qui demande poliment la permission de s'asseoir dans le box des détenus. Vincent Langlois-Laroche, personnage trouble, est condamné à sept ans de pénitencier. 
En 16 ans, la juge Chantale Pelletier de la Cour du Québec a vu défiler des milliers d'accusés. Chaque semaine, elle rend des décisions sur la peine très détaillées, le plus souvent par écrit. Le cas de Vincent Langlois-Laroche la laisse perplexe.
«Comment comprendre qu'un individu ayant autant de potentiel personnel, familial et social ait pu commettre des infractions d'une telle gravité», demande la juge.
Quelle peine donner à un homme qui, un jour, accuse la plaignante de complot et l'autre, lui présente des excuses aux accents sincères?
Comment bien encadrer un accusé qui semble avoir tout les atouts pour se réhabiliter, mais qui est doté d'une personnalité narcissique et peine à reconnaître ses torts?
Les suggestions de peine des parties - 12 à 16 ans de prison pour la Couronne et deux ans moins un jour pour la défense - ne sont pas utiles car inappropriées, tranche la juge. 
Après avoir soupesé les séquelles de la victime, la préméditation extrême, la violence des gestes, mais aussi l'âge de l'accusé, son début de conscientisation et son absence d'antécédents judiciaires, la juge Pelletier en arrive à une peine de sept ans de pénitencier, de laquelle il faut déduire l'équivalent de deux années passées derrière les barreaux.
Langlois-Laroche, jeune homme de Portneuf aujourd'hui âgé de 27 ans, a gardé son apparence soignée, malgré sa dernière année d'incarcération.
Ses parents, ses soeurs et plusieurs autres étaient encore là mercredi, pour l'ultime étape judiciaire.
De l'autre côté de la salle, tous les bancs sont occupés par les proches de la victime Caroline Pagé, qui ont formé un cocon serré autour de la jeune femme tout au long des procédures.
Avant de commettre les crimes, Langlois-Laroche attend avec impatience son admission à l'école de police de Nicolet. 
En janvier 2014, c'est lui qui annonce à sa copine, étudiante en sciences infirmières âgées de 22 ans, qu'il souhaite mettre fin à leur relation d'un peu plus de deux ans.
Après le choc initial, la jeune femme est d'accord et affirme qu'elle ne l'aime plus.
Vincent Langlois-Laroche tente alors de reconquérir son amoureuse en multipliant les textos et les cadeaux, qu'il laisse sur son pare-brise de voiture.
Lorsque la jeune femme accepte de le revoir dans un restaurant, Vincent Langlois-Laroche lui avoue qu'il la déteste tellement qu'il pourrait la tuer. Caroline, terrifiée, sera constamment accompagnée de ses proches à partir de ce moment.
Le jeune homme fomente un plan détaillé pour tuer son ex-copine. Il rédige des listes de matériel à se procurer et des actions à poser. «Sortir par la fenêtre du sous-sol. Approche tactique et assommer. La «tapé» et la mettre dans le coffre. Jeter les preuves. Déjeuner avec parents. Sourire.»
Il achète un GPS pour suivre sa cible à distance et installe le dispositif sous la voiture de l'infirmière.
Dans la soirée du 8 au 9 juin 2014, il passe à l'action et assaille la jeune femme qui revient à sa voiture après son quart de travail au CHUL. Langlois-Laroche assène au moins quatre coups à la tête de sa victime. L'arrivée d'une voiture stoppe l'agression.
La victime, la tête ensanglantée, a reconnu la voix de son ex-ami de coeur. Langlois-Laroche sera arrêté quelques heures plus tard.
Il a été déclaré coupable de tentative de meurtre, harcèlement et menaces de mort en juin 2016 au terme d'un procès. La juge n'a pas crû sa défense de non-responsabilité en raison d'un trouble délirant. Le jeune homme est détenu depuis.
Caroline Pagé vit toujours avec la peur au ventre. Atteinte d'un choc post-traumatique, elle a quitté le CHUL pour éviter de revoir les lieux où elle a crû mourir. Elle doit toujours voir un psychologue.
Les séquelles psychologiques de la victime, qui a un diagnostic de choc post-traumatique, sont bien présentes et doivent être prises en compte, dit la juge Chantale Pelletier. Il ne faut toutefois pas occulter le potentiel de réhabilitation, bien présent chez l'accusé, note la juge.