Deux chauffeurs de la Société de transport de Lévis ont été suspendus récemment pour avoir manqué de respect à des usagers.

STLévis: chauffeur suspendu pour ses propos anticyclistes

Un chauffeur de la STLévis est suspendu avec solde depuis une semaine pour avoir tenu des propos irrespectueux sur les médias sociaux à l'égard des cyclistes.
«À mort les vélos!» a-t-il écrit sur la page Facebook Spotted Lévis. Le chauffeur d'expérience a écrit qu'il ne prenait pas les cyclistes à bord de son autobus, les invitant plutôt à «pédaler», avant de pester et même de menacer les personnes âgées et celles qui conduisent une poussette.
Le président de la Société de transport de Lévis (STLévis), Michel Patry, a dit prendre cette situation très au sérieux vendredi, en réaction à ces informations révélées jeudi par Radio X. Selon lui, rien ne peut expliquer un tel comportement «désobligeant» envers la clientèle. 
Devant les journalistes, M. Patry a même lu un passage de la convention collective des chauffeurs, qui exige une conduite irréprochable. «Il est interdit de tenir un langage grossier envers les passagers. C'est la courtoisie, c'est le service client, ça. Ça serait pas écrit, mais il me semble que ça va de soi», a-t-il lancé. 
M. Patry soutient que la STLévis a réagi très rapidement, car elle a été mise au courant de la publication Facebook à 11h15 samedi dernier et a suspendu le chauffeur à 11h45. Pour le moment, il touche toujours son salaire, car il y a «des étapes» à respecter, mais une décision finale sera prise après l'enquête des ressources humaines. 
Il y a quelques jours, le chauffeur a effacé ses propos de la page Spotted Lévis et a plutôt publié un mot d'excuses. «J'ai honte de ce que j'ai écrit la semaine dernière. Mes écrits étaient irrespectueux envers la clientèle de la stlevis, envers mon entreprise, mes patrons, mes collègues.» Sylvain Lévesque, porte-parole de la STLévis, soutient que ces excuses publiques sont «une initiative personnelle» du chauffeur en question et non une demande patronale.
Deuxième chauffeur
Un deuxième chauffeur a aussi été rencontré par la direction de la STLévis, sans être suspendu, car il aurait manqué de respect envers une jeune femme qui tentait tant bien que mal d'installer son vélo sur le porte-vélo de son autobus, le 14 juillet dernier. Il aurait cogné dans la fenêtre et l'aurait invectivée. La jeune femme, en pleurs, aurait finalement laissé tomber et ne serait pas montée à bord de l'autobus. C'est la description de cet incident sur Spotted Lévis qui a mené aux commentaires désobligeants du premier chauffeur. 
M. Patry explique que pour un premier été, tous les autobus de la STLévis sont munis de supports à vélo, un service qui était demandé par la population. Le chauffeur n'a pas le droit de quitter son siège pour aider les passagers à installer leur engin, mais il doit faire preuve de patience et de courtoisie.
«Même si les supports sont neufs, le concept du support à vélo lui est pas neuf, on s'entend ça fait longtemps que ça existe. Ça justifie pas les paroles ou les gestes qui ont pu se poser sur lesquels on fait une enquête à l'heure actuelle.»
La jeune femme en question a déposé une plainte au service à la clientèle du STLévis, qui l'a traitée rapidement. «Mon but n'est pas que cette personne soit congédiée, mais qu'on lui rappelle qu'il y a une façon de parler aux êtres humains», a-t-elle écrit sur sa page Facebook. 
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Reprise des négociations avec le syndicat
Après avoir délaissé leur uniforme pendant trois semaines, les chauffeurs de la STLévis le portent de nouveau depuis le 10 juillet. Les négociations pour le renouvellement de la convention collective, échue depuis le 31 décembre 2016, ont repris entre le syndicat et les patrons.
«On espère que ça va réussir. Le but de l'exercice, c'est pas que les chauffeurs aillent en grève, parce qu'il y a le climat de travail après», a commenté Michel Patry, président de la STLévis vendredi. Pour lui, il serait vraiment «dommage» qu'une grève vienne perturber le transport en commun à la rentrée, en septembre.
Le syndicat déplore une organisation de travail archaïque, avec des 15 heures de disponibilité par jour, des horaires communiqués à la dernière minute pour les occasionnels, et la sous-traitance au privé dans l'ouest de la Ville.
Le syndicat compte 107 chauffeurs, dont 72 ont des horaires et trajets assignés. En cas de grève, la STLévis n'est pas protégée par la Loi sur les services essentiels.
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5,1 millions $ pour de nouveaux autobus et garages
La STLévis reçoit 5,1 millions $ des gouvernements fédéral et provincial pour améliorer sa flotte d'autobus et construire des nouveaux garages.
L'annonce a été faite vendredi matin par la ministre de la Chaudière-Appalaches, Dominique Vien, et le ministre fédéral Jean-Yves Duclos, dans le garage de la rue Saint-Omer, qui sera agrandi dès cet automne.
Des plans seront aussi faits pour construire un nouveau garage au terminus Lagueux, à Saint-Étienne-de-Lauzon. Les fonds sont en partie déjà dépensés, car la STLévis s'est fait livrer trois autobus hybrides neufs.
Attendu depuis plus d'un an par l'ensemble des sociétés de transport au Québec, l'argent annoncé au budget fédéral de 2016 vient d'être débloqué. Il provient de la première phase du Fonds pour l'infrastructure de transport en commun (FITC).
Le Réseau de transport de la Capitale a pour sa part obtenu 60 millions $ plus tôt cette semaine.