Steve Flanagan est toujours l’un des visages les plus marquants de la crise du verglas après avoir passé des centaines d’heures en direct à la télévision et à la radio durant toute la crise.

Steve Flanagan, encore le visage de la crise du verglas

Vingt années ont passé et Steve Flanagan représente toujours l’un des visages les plus marquants de la crise du verglas qui a paralysé le Québec. Pendant les cinq semaines de la crise, le porte-parole principal d’Hydro-Québec a accordé pas moins de 300 entrevues en direct à la télévision et à la radio pour expliquer aux citoyens, pratiquement en direct, où en étaient les opérations sur le terrain et quelles étaient les mesures prises pour rétablir la situation.

Steve Flanagan se souvient comme si c’était hier de sa première journée au travail après le congé des Fêtes, le 5 janvier 1998. De la pluie tombait sur Montréal, pluie qui a tourné au grésil un peu plus tard. À la fin de la journée, il a été convenu que c’est son unique collègue présent au service des communications d’Hydro-Québec ce jour-là qui allait continuer de surveiller la situation au courant de la soirée et de la nuit. Dans la nuit, 75 000 abonnés — les premiers d’une très longue série — ont été plongés dans le noir.

Le téléphone a sonné aux aurores. « Mon collègue m’a appelé pour me demander de rentrer tout de suite, car on s’attendait à avoir une bonne journée. C’était encore la nuit quand je suis parti de chez moi. Je ne savais pas à ce moment-là que je partais pour 42 heures de travail en ligne et trois semaines et demie sans rentrer à la maison! »

Le porte-parole principal d’Hydro-Québec allait se trouver sur toutes les tribunes au cours des semaines suivantes. Nuits et jours, il avait le mandat de donner l’information la plus exacte possible en temps réel. « Mes collègues et moi avons donné plus de 3000 entrevues en cinq semaines. C’est complètement fou! C’est l’équivalent d’une année complète de travail », se souvient celui qui avait commencé sa carrière dix ans plus tôt comme journaliste à CHLT-radio et à CKSH-télé à Sherbrooke.

« Nous étions dans une grande transparence. Nous avons décrit les opérations presque en temps réel pour rassurer les gens et leur permettre de prendre les bonnes décisions, par exemple pour décider s’ils quittaient leur maison ou s’ils y passaient une nuit supplémentaire », se rappelle-t-il.

Une fois la crise terminée, Steve Flanagan a été plongé dans un autre chaos, celui de la construction en urgence de la ligne Hertel-Des Cantons, une ligne servant à consolider le réseau de transport de l’électricité au Québec. La construction de la ligne a toutefois été extrêmement contestée par les habitants du Val-Saint-François et a dû être adoptée par le biais d’un décret gouvernemental.

Ensuite, ce fut le retour à la normale. Ou presque. « L’atterrissage a été difficile », se souvient Steve Flanagan.

Le porte-parole a quitté le service des communications d’Hydro-Québec en 2004 pour fonder sa propre entreprise, Steve Flanagan — relations publiques. « C’est un choix que je n’ai jamais regretté. Il me permet de toucher à plusieurs secteurs d’activités », se réjouit celui qui siège au conseil d’administration de l’Université de Sherbrooke depuis bientôt quatre années.

Vingt ans plus tard, l’homme de relations publiques retient deux choses importantes de cette crise sans précédent qui est encore enseignée comme modèle dans les universités québécoises. « La grande transparence dont Hydro-Québec a fait preuve est encore citée en termes de réussite », se réjouit M. Flanagan.

Il retient finalement aussi le très grand leadership dont ont fait preuve le premier ministre du Québec et le président-directeur général d’Hydro-Québec de l’époque, Lucien Bouchard et André Cayer. « Ils ont pris la situation en main dans une situation sans précédent où, au pic, il y avait 1,4 million de clients sans électricité au Québec sur un territoire aussi étendu que l’Irlande! »

Semaine après semaine, même après vingt années, le souvenir d’Hydro-Québec continue de planer sur l’ancien porte-parole « de cette entreprise extraordinaire ».

« Où que j’aille au Québec, il n’y a pas une semaine sans qu’on me parle du verglas. Ce qu’il y a d’extraordinaire avec cette crise, c’est que chaque Québécois a son histoire à raconter », constate Steve Flanagan.