Céline Braud est partie pour les six prochains mois à l’ombre pour avoir brassé un bambin de sept mois.

Six mois de prison pour la nounou française

La nounou française Céline Braud a pris le chemin de la prison pour les six prochains mois pour avoir commis des voies de fait et proféré des menaces de mort à l’endroit d’un poupon de sept mois en mars 2016.

Le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a rendu une décision de 13 pages, mardi matin, au palais de justice de Chicoutimi. Il n’a pas tenu compte de la suggestion de Me Jean-François Têtu d’accorder une absolution inconditionnelle ou conditionnelle et a suivi une partie de la demande de la Couronne, soit la détention ferme. Le juge a écarté l’autre suggestion du ministère public d’effectuer des travaux communautaires assortis d’un sursis de peine.

Comme l’accusée poursuit ses démarches pour devenir citoyenne canadienne et qu’elle se trouve au Canada munie d’un visa de travail, cette sentence pourrait amener son expulsion du pays.

Les faits reprochés à la nounou se sont déroulés du 21 au 24 mars 2016 à la résidence des parents du petit bébé. Le père avait installé une caméra dans la chambre du petit pour le surveiller durant son sommeil. 

Mais au matin du 21 mars 2016, il a oublié d’éteindre la caméra avant de partir pour le travail. Cela a duré trois jours. L’homme s’est rendu compte de la situation et a visionné, à sa grande surprise, ce qui avait été enregistré.

Le couple a confronté la nounou sur les images où elle a brassé l’enfant dans sa couchette. Elle a été congédiée sur-le-champ.

Les parents se sont rendus à l’hôpital pour s’assurer que l’enfant n’était pas blessé.

Le juge Daoust a tenu compte du fait que les gestes n’étaient pas planifiés, de l’absence d’antécédents judiciaires et qu’elle vivait un stress à la maison. Il ajoute qu’elle a collaboré avec l’agent de probation, participé à 27 rencontres de thérapie, s’est excusée sincèrement, a fait un don de 500 $ et a dû renoncer à travailler auprès d’enfants.

Facteurs aggravants

Les facteurs aggravants sont cependant plus importants. Elle a fait subir un mauvais traitement à l’enfant, la confiance des parents a été abusée, la victime n’avait que sept mois et la gardienne d’enfants aurait dû se retirer après le premier épisode de violence, mais elle a plutôt récidivé une deuxième et une troisième fois.

«L’accusée a abusé de son autorité et de la confiance des parents, de sa position par rapport à l’enfant, de sa force physique d’adulte, le tout dans une parfaite hypocrisie et dans le mensonge le plus odieux», écrit le magistrat.

«Et le lendemain, elle se sent bien à l’aise de revenir chez ses clients pour faire des câlins à l’enfant sur laquelle elle sait avoir commis des voies de fait. Comment expliquer la deuxième et la troisième journée de violence?», ajoute-t-il.

Concernant la possibilité que la femme puisse bénéficier d’une absolution inconditionnelle en raison du risque qu’elle soit expulsée du Canada, le juge Daoust considère que cet élément ne peut prendre le dessus sur la gravité des gestes commis.

«Un public bien informé ne comprendrait pas que l’intérêt de l’accusée à demeurer au Canada avec son conjoint surpasse celui de la société à ce que ces crimes soient punis sévèrement. Il ne faut pas laisser le plan de vie de l’accusée, si correct soit-il, passer au-dessus cet intérêt de notre société à ce que ces crimes soient dénoncés pour qu’ils ne soient pas répétés», poursuit le juge.

À la sortie de la salle d’audience, les parents du poupon se sont dits soulagés et ont dit avoir eu l’impression d’avoir été écoutés.

En défense, Me Jean-François Têtu analyse la possibilité d’aller en appel de la décision étant donné que le juge Daoust n’a pas tenu compte de la suggestion de la Couronne d’imposer des travaux communautaires à l’accusée.