C’est sur le bord de la rivière Saint-Charles, près du pont Scott, qu’Alain Audet avait attaqué brutalement Émilie Robichaud. Il a été déclaré coupable de voies de fait armées, voies de fait causant des lésions, séquestration et menaces de mort.

Six ans et demi de prison pour l’agresseur d’une joggeuse

L’agresseur Alain Audet est condamné à une peine de six ans et demi de prison pour une attaque brutale commise en plein jour sur une joggeuse, le long de la rivière Saint-Charles.

Au terme d’un procès, Audet, 55 ans, a été déclaré coupable de voies de fait armées, voies de fait causant des lésions, séquestration et menaces de mort sur Émilie Robichaud, une avocate de 28 ans

Le 2 octobre 2015, Alain Audet, lourdement intoxiqué aux stupéfiants, a assailli Émilie près du pont Scott dans Limoilou en lui lançant un lourd sac de sport au visage. La jeune femme se retrouve au sol, face contre terre. Audet tente de lui couvrir le visage avec un chandail et lui annonce qu’elle va bientôt perdre conscience.

Émilie se met à hurler de terreur. Audet sort un couteau X-acto à la lame sale et rouillée. Il menace de la tuer et pointe le couteau à quelques centimètres de son flanc gauche.

L’agresseur entraîne sa victime en dehors du sentier pédestre. Émilie tente de saisir son téléphone cellulaire dans sa poche de blouson. Audet lui arrache des mains et, relâchant momentanément sa victime, lance l’appareil vers la rivière Saint-Charles.

Émilie profite de cette seconde d’inattention pour fuir en courant de toutes ses forces.

Sur le pont Scott, un couple en automobile lui porte secours, voyant sa panique et son visage ensanglanté.

Audet est arrêté peu de temps après par les policiers, alors qu’il se cachait dans un buisson.

Malgré la présence d’un condom, de lubrifiant, de gants de latex, et d’un anneau pénien vibrant dans le sac de l’agresseur, la juge Chantale Pelletier n’a pas été convaincue hors de tout doute raisonnable de l’intention de l’accusé de commettre une agression sexuelle et l’a acquitté de cette accusation.

Alain Audet est condamné à une peine de six ans et demi de prison pour une attaque brutale commise en plein jour, le long de la rivière Saint-Charles.

Peine à purger au provincial

La Couronne et la défense se sont entendues pour suggérer à la juge une peine de six ans et demi à imposer à l’accusé, un individu lourdement criminalisé. Puisque Audet est détenu depuis l’équivalent de quatre ans et demi, il lui restera deux ans moins un jour à purger dans un établissement carcéral provincial.

Alain Audet pourra ainsi continuer à suivre les programmes thérapeutiques entrepris depuis son arrestation.

L’accusé a profité de l’audience d’hier pour présenter ses excuses à la victime. «Je ne demande pas qu’on me pardonne mon geste, il est impardonnable, a dit Audet. Je m’excuse pour le mal que j’ai fait et merci à la victime de m’avoir écouté.»

La juge Chantale Pelletier a accepté la suggestion de peine, qu’elle a qualifiée de «peu sévère, mais non déraisonnable».

Elle constate que Audet semble vouloir se reprendre en main en prison, avec un retour à l’école, un travail en milieu carcéral et des ateliers.

La juge Pelletier a toutefois averti l’homme qu’il devrait continuer ses efforts pour éviter de redevenir une menace à sa sortie de prison. «C’est une chose que de cheminer en détention, c’est une autre chose que d’évoluer en société, a souligné la juge. C’est là que sera votre plus grand défi.»

Après sa sortie de prison, Audet sera en probation durant trois ans. Il fera aussi l’objet d’une surveillance durant 10 ans des services correctionnels puisque la juge l’a déclaré délinquant à contrôler.

Toujours des craintes

Malgré cet encadrement, Émilie Robichaud garde le cœur rempli de craintes. Pas pour elle, mais pour des victimes potentielles. «En date d’aujourd’hui, dans deux ans, cet individu-là est sorti, souligne Émilie. C’est excessivement inquiétant compte tenu de la preuve et du caractère de cet individu-là. Il y a un grand risque et j’espère seulement qu’il n’y aura pas une autre victime au terme de sa peine.»