Le juge Pierre Simard a entériné la suggestion commune dans le dossier d’un beau-père agresseur.

Ses fils agressés, elle défend son conjoint

Un homme prend le chemin de la prison pour les 12 prochains mois après avoir été reconnu coupable d’attouchements sexuels sur les deux fils de sa conjointe.

Le prononcé de la sentence s’est bien déroulé, mais à la sortie du tribunal, la mère de famille a laissé sortir sa frustration envers son fils, « un des responsables », selon elle, des malheurs de son conjoint. 

L’homme de 55 ans, que nous ne pouvons identifier afin de protéger l’identité des victimes, a sévi au milieu des années 80. Il a masturbé ses deux beaux-fils à au moins quatre occasions à divers endroits dans la résidence familiale.

Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Charles Cantin, à la défense, ont soumis une suggestion commune de 12 mois de détention au juge Pierre Simard. Les deux procureurs ont tenu compte du fait que l’accusé avait été condamné à 18 mois de détention pour des événements similaires commis de façon concomitante.

L’individu a plaidé coupable en juillet dernier à huit chefs d’accusation pour des attouchements sexuels et des incitations à des contacts sexuels.


Vous (les victimes) n’avez pas réussi à le tuer physiquement, mais vous y êtes parvenus mentalement. 
La mère de famille et conjointe de l’agresseur

Il l’a fait après la tenue de l’enquête préliminaire et après la première journée du procès où une première victime est venue témoigner des événements reprochés.

Il a été démontré, dans la preuve, que le beau-père organisait un jeu avec les victimes. Il lançait une pièce de monnaie en l’air et les deux participants devaient choisir entre pile ou face. Le perdant devait alors toucher le pénis du gagnant. 

L’individu a obligé les enfants à le masturber dans le garage et dans le lit notamment.

L’agresseur sexuel a quitté la salle d’audience avec son sac de vêtements à la main vers le bloc cellulaire. Il sera ensuite transféré à la prison de Roberval en attendant de savoir où il sera envoyé pour la balance de sa sentence.

Il a tout de même tenu à saluer sa conjointe avant de disparaître derrière la porte menant au bloc cellulaire.

À sa sortie de prison, le quinquagénaire sera soumis à une probation de 36 mois et à un suivi probatoire de 12 mois. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels et devra fournir un échantillon d’ADN. Il ne pourra avoir de contacts avec ses victimes durant la durée de la probation.

Frustration

Si tout s’est bien déroulé durant les procédures et les plaidoiries sur la sentence, les choses se sont un peu gâtées à la sortie du tribunal.

La conjointe de l’agresseur s’est adressée à son propre fils, qui était présent pour le prononcé de la sentence.

« Vous n’avez pas réussi à le tuer physiquement, mais vous y êtes parvenus mentalement », lui a-t-elle indiqué en dirigeant un regard sévère en sa direction.

Un constable spécial a cru bon intervenir afin de calmer les esprits et demander à la mère de famille de s’éloigner.