Séropositif condamné à 43 mois de prison pour agressions sexuelles graves

Pendant six mois, Frédéric Lefebvre a caché à son amoureux et à trois autres partenaires sexuels qu’il était séropositif. Il s’est rendu coupable d’agressions sexuelles graves et a écopé mercredi d’une peine de 43 mois de pénitencier.

Lefebvre, 35 ans, de Montréal, rencontre Martin* en décembre 2015 par le biais d’un site Internet destiné aux gais. C’est le coup de foudre et les deux hommes emménagent chez Martin, dans un petit village de la région de Montmagny. Si leurs premières relations sont protégées, le condom est abandonné par la suite.

Le 29 juillet 2016, Frédéric Lefebvre apprend qu’il est atteint du VIH. Il affirme n’avoir aucune idée qui l’a contaminé.

Lefebvre commence à prendre un cocktail de médicaments appelé tri-thérapie, qui vise à garder sa charge virale au minimum. L’accusé répétera encore devant la cour hier qu’il a toujours pris ses médicaments religieusement.

À Martin et à ses proches qui le questionnent, Frédéric Lefebvre répond que ses médicaments visent à traiter un problème cardiaque.

En octobre 2016, Frédéric Lefebvre et Martin organisent un «trip à trois» avec Luc*, aussi de la région de Montmagny.

Luc deviendra le nouveau conjoint de Martin.

En novembre 2016, Lefebvre, maintenant célibataire, aura une histoire d’un soir avec un troisième homme. Et une quatrième, avec un autre plaignant, le 5 janvier 2017.

À la pharmacie

Martin et Luc ont découvert la condition médicale de Frédéric Lefebvre à la fin de l’année 2016. Lefebvre les avait envoyés à la pharmacie récupérer des médicaments. Une recherche sur Google leur a appris l’utilisation exacte des comprimés.

Ils ont porté plainte à la Sûreté du Québec peu de temps après.

Aucun des quatre hommes victimes n’a contracté le VIH. Mais deux victimes ont eu la syphilis et une, la gonorrhée.

Le mensonge est au coeur de l’infraction de Frédéric Lefebvre, a souligné le procureur de la Couronne, Me François Doyon-Gascon. Lefebvre a menti à ses partenaires, mais aussi aux professionnels de la santé d’une clinique médicale spécialisée qui lui disaient de se protéger à cause du risque de contagion. «Du moment où il a eu son diagnostic, il avait une responsabilité lourde, insiste Me Doyon-Gascon. Il est atteint d’une maladie qui fait en sorte que les gens peuvent mourir.»

La Couronne et l’avocat de Lefebvre, Me Jean Caron, se sont entendus pour suggérer une peine de 43 mois de pénitencier, de laquelle il faut déduire sept mois purgés de façon provisoire.