Le sinistre avait détruit quatre bâtiments résidentiels et commerciaux du centre-ville de Saint-Raymond, dont celui qui abritait le distributeur local de câble Déry Télécom et la télévision communautaire et les archives qu'elle possédait.

Saint-Raymond en reconstruction

Au moment où la Sûreté du Québec confirme qu'aucune accusation ne sera portée dans le dossier de l'incendie qui a ravagé une partie du centre-ville de Saint-Raymond dans Portneuf en mai 2016, la Ville est en reconstruction même si certains commerces ont confirmé qu'ils délocaliseront leurs activités.
L'incendie d'une rare intensité avait pris naissance dans la nuit dans un immeuble de logements de la rue Saint-Ignace. Au total, le sinistre a détruit quatre bâtiments résidentiels et commerciaux, dont celui qui abritait le distributeur local de câble Déry Télécom et la télévision communautaire et les archives qu'elle possédait.
Les immeubles commerciaux avaient pignon sur la rue Saint-Joseph, principale artère de la municipalité dont l'architecture fait la fierté de la communauté. Par miracle, seulement deux personnes âgées de 21 ans et de 38 ans ont été conduites à l'hôpital après avoir sauté de leur balcon. Au lendemain de la tragédie, des informations laissaient croire que le maniement négligent de pièces pyrotechniques à l'intérieur d'un des logements de la rue Saint-Ignace serait à l'origine du brasier. 
Au terme de son enquête, la Sûreté du Québec a conclu que le feu est d'origine accidentelle, confirme la sergente Ann Mathieu. Cependant, elle n'a pas voulu donner plus de détails sur les causes possibles retenues, ni si ces causes avaient un lien avec les informations qui s'étaient propagées dans les heures qui ont suivi le drame.
Le maire de l'endroit, Daniel Dion, a aussi eu vent des informations qui circulaient. Selon lui, les enquêteurs pourraient ne pas avoir eu suffisamment de preuves, réduites en cendres, pour porter des accusations. De son côté, le directeur des incendies, Jean-Claude Paquet, est déçu des conclusions de l'enquête qui n'apportent aucune lumière nouvelle sur les causes.
Achat et délocalisation
Depuis le sinistre, la Ville s'emploie à planifier la reconstruction des immeubles en façade de la rue Saint-Joseph. Il fallait d'abord attendre le règlement des assurances. Le maire souhaite encore aujourd'hui reconstruire avec le souci de conserver le patrimoine bâti de la Ville. «On travaille avec le programme Rues principales. C'est important de conserver le cachet», explique-t-il au Soleil.
Aucun plan n'a encore été produit. C'est que quelques ficelles restent à attacher. Les propriétaires du bâtiment qui abritait un salon d'esthétique reconstruiront. Son voisin, le câblodistributeur Déry Télécom, n'en fera pas autant. «Ils occupaient seulement 25 % de leur bâtisse. Le second étage était occupé par la télévision communautaire qui se relocalise ailleurs dans la Ville», explique le maire Dion.
L'entreprise a l'intention de conserver uniquement son bunker, situé plus à l'arrière du terrain qu'elle possède. C'est à cet endroit à l'épreuve du feu que se trouve tout le matériel informatique qui permet d'offrir les services numériques. La portion de terrain qui donne sur la rue Saint-Joseph devient donc inutile.
«On est en train de trouver une solution pour savoir ce qu'on en fera. Il n'est pas impossible que la Ville l'acquiert. On évalue les possibilités. Nous avons déjà acquis le terrain sur lequel se trouvait le bâtiment où l'incendie a pris naissance», raconte le maire. L'immeuble à logements qui donnait sur la rue Saint-Ignace sera transformé en stationnement. 
 «Dans un monde idéal, on pourrait entreprendre la reconstruction dès cette année, ajoute le premier magistrat. Mais l'important, c'est surtout de faire cela selon les normes», conclut-il.