Karl Talbot, ex-pdg de Nemex

Retrait des plaintes contre Karl Talbot de Nemex

La Cour du Québec annule les 107 constats d'infraction déposés par l'Autorité des marchés financiers contre Karl Talbot, ex-pdg de Nemex. L'AMF a trop tardé avant de déposer des accusations, tranche le tribunal.
Karl Talbot était une figure bien connue dans le monde des affaires à Québec au début des années 2000. Avec sa Corporation Réseau Nemex, il avait notamment organisé à Québec une conférence de l'ex-président des États-Unis Bill Clinton. Talbot avait aussi tenté d'attirer à Québec une épreuve du Red Bull Air Race. 
L'entreprise a accumulé les déboires et a fait faillite en janvier 2009.
En avril 2007, Nemex a contacté l'Autorité des marchés financiers pour régulariser sa situation. L'entreprise convenait avoir dû recourir à un financement privé pour plus de 3,2 millions $, soit directement, soit par le biais de personnes morales, mais qu'en aucun temps elle n'avait eu recours à des courtiers dans le cadre des émissions d'actions.
Cette lettre dévoile une situation illégale ou pour le moins irrégulière de Nemex. L'AMF ouvre un processus de régularisation qui se transformera en enquête pénale. Pas moins de 107 constats d'infraction liés à l'exercice illégal d'activité de courtier et à l'aide au placement illégal sont distribués le 5 juin 2012. Karl Talbot risque une amende de 1,7 million $ pour des infractions aux dépens d'une quarantaine d'investisseurs de la région de Québec, annonce l'AMF.
Délais dépassés
Après avoir entendu les parties durant pas moins de 33 jours d'audience et avoir vu 257 pièces s'accumuler sur son bureau, le juge Gilles Charest de la Cour du Québec conclut que la poursuite intentée par l'AMF en juin 2012 est prescrite et doit donc tomber. 
L'AMF avait en effet cinq ans pour compléter son enquête et entreprendre des poursuites pénales, rappelle le juge. Elle a dépassé ce délai puisque son enquête s'est amorcée en avril 2007 et que les accusations ont été déposées en juin 2012.
Le juge Gilles Charest a par contre rejeté la prétention de Karl Talbot à savoir qu'il avait été victime d'un abus de procédure de la part de l'AMF. 
L'avocate de Talbot n'a pu faire une preuve prépondérante d'une inconduite grave, teintée de mauvaise foi et motivée par des raisons illégitimes, écrit le juge.