Renvoyé du Canadian Tire pour avoir attaqué un Autochtone

L'employé de Canada Tire qui a accusé un client autochtone de vol à l'étalage avant de l'expulser de force de la succursale de Regina, en Saskatchewan, ne travaille plus pour le détaillant selon une porte-parole.
Kamao Cappo de la Première Nation Muscowpetung avait filmé la confrontation sur son cellulaire et en avait publié la vidéo sur les réseaux sociaux.
Une porte-parole de Canadian Tire affirme que l'employé qu'on peut apercevoir sur les images «n'a pas travaillé dans le magasin depuis le moment de l'incident et n'est plus avec [l'entreprise]».
M. Cappo, un homme âgé de 53 ans, s'est dit soulagé en apprenant la nouvelle.
«J'ai l'impression que Canadian Tire se dirige dans la bonne direction, a-t-il déclaré. Au moins, cela envoie un message à ceux qui pensent pouvoir maltraiter leurs clients.»
La vidéo avait suscité l'indignation sur les réseaux sociaux et une quarantaine de protestataires avaient manifesté devant le magasin vendredi, pour appuyer M. Cappo qui dit avoir été victime de discrimination.
Il raconte s'être rendu dans le magasin pour se procurer une tronçonneuse, une chaîne supplémentaire et de l'huile. Une fois à la caisse, il aurait décidé d'opter pour un autre type d'huile et laissé les produits au service à la clientèle, tous dans la boîte de la scie à chaîne pour que l'employé puisse facilement les manipuler.
M. Cappo dit qu'à son retour dans les allées du magasin, l'employé l'a accusé de tenter de commettre un vol et poussé contre des étagères après qu'il eut refusé de partir.
Ce dernier dit souffrir d'une condition cardiaque et avoir été blessé durant l'escarmouche. Il a déposé une plainte à la police et envisage d'entamer une poursuite.
«Sait-on comment cela peut être endommageant pour nos enfants d'être traités de cette façon. Personne ne fait rien à ce sujet. On doit commencer à réagir», a-t-il ajouté.
Le chef d'une association représentant 74 Premières Nations de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a souligné que le profilage racial contre les autochtones était une pratique courante.
«Cela arrive quotidiennement, a-t-il déploré. Dès qu'un membre d'une Première Nation franchit la porte, les yeux sont gardés sur lui. Des yeux accusateurs.»
M. Cameron aimerait bien que toute personne ayant affaire avec le public - qu'elle travaille dans un magasin, une station-service, un hôtel, un hôpital, une école, une station de police - devrait suivre un cours intensif sur les traditions des peuples des Premières Nations.»