Une cinquantaine de personnes ont manifesté dimanche, devant le parlement à Québec, pour réclamer un registre public de délinquants sexuels dans la province.

Registre public de délinquants sexuels: «silence radio» des caquistes

Les députés caquistes se sont fait attendre dimanche, devant le parlement, alors qu’une cinquantaine de personnes s’y rassemblait pour réclamer un registre public de délinquants sexuels au Québec.

«Est-ce que Sylvain Lévesque est là? Mme Geneviève Guilbault peut-être? François Paradis? On est surpris, nos invitations n’ont pas eu de nouvelle, a déclaré l’avocat des victimes Marc Bellemarre, d’un ton évidemment sarcastique. Les délinquants sexuels, on les voit dans les médias chaque jour. Sauf qu’on ne peut pas se souvenir de tout ça. Le registre, c’est de pouvoir, dans un seul endroit, avoir toutes les données.»

L’an dernier, six candidats caquistes (dont quatre ont été élus) étaient présents lors d’une manifestation similaire, ils avaient clamé haut et fort qu’ils s’engageaient à rendre public un registre de pédophiles au Québec. Depuis les élections, c’est «silence radio».

«Je trouve ça inquiétant qu’on ne me dise pas ce qui se passe. Je ne veux pas que ce soit remis à plus tard. Ils étaient tous là l’an dernier! Ça me crève un peu le cœur, mais je garde espoir», a commenté Sophie Dupont, visiblement émue. Mme Dupont manifeste pour un tel registre depuis plus de 15 ans, après qu’un membre de sa famille ait été victime d’agression.

Même si la Coalition avenir Québec assure que le dossier est toujours dans les plans, Mme Dupont s’inquiète, elle aimerait des déclarations plus concrètes. Elle estime que le gouvernement pourrait la tenir au courant des développements du dossier. Elle sait aussi que plusieurs autres sujets sont sur la table pour les députés dans la prochaine année, mais que le registre ne semble pas en faire partie.

Pour éviter le pire

En plus de MBellemarre et Mme Dupont, d’autres personnes impliquées dans cette bataille ont pris la parole devant les manifestants, notamment Michel Surprenant, le père de Julie Surprenant, disparue en novembre 1999 à Terrebonne. Le voisin de la maison familiale des Surprenant était le suspect numéro un dans l’affaire, qui reste aujourd’hui irrésolue.

«Si le registre avait existé il y a 20 ans, si j’avais été averti, j’aurais déménagé et la disparition de Julie ne serait pas arrivée. Le registre se doit d’être accessible 24h sur 24 et sept jours sur sept. Il faudrait au minimum que ça soit accessible par tous les corps policiers du Québec.»

Pour avoir accès au registre fédéral déjà existant, les policiers doivent en faire la demande aux agents de la Sûreté du Québec. M. Bellemarre déplore d’ailleurs qu’étant donné qu’un registre existe déjà, il paraît simple de le réviser pour ainsi le rendre public. 

«Ça peut être de la même façon qu’en Alberta, sur le site de la Sécurité publique. Ça reste géré par le gouvernement, c’est eux qui décident de l’information accessible», ajoute Mme Dupont.

Elle insiste pour dire que ce registre pourrait prévenir plusieurs agressions et sauver la vie de nombreux enfants.

Marc Bellemarre

Pouliot veut lancer le débat de la castration

Le chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot, semblait être le seul personnage politique présent lors de la manifestation. Il se rappelait d’ailleurs la promesse de Mme Guilbault l’an dernier, il était lui aussi présent lors de la manifestation 2018. 

«On trouve que le Québec est un cancre au niveau de l’administration de la justice, quand on se compare avec les autres provinces, on fait pitié. Quand tu regardes les délais, les nombres de condamnations, l’efficacité... C’est pour ça qu’on est ici. On veut un système de justice plus efficace. On veut rappeler à Mme Guilbault qu’elle l’avait promis. Mais ça niaise.»

Il a aussi profité de l’occasion pour lancer un sujet de débat aux chefs des partis fédéraux présentement en campagne électorale. 

«Il y a certains délinquants sexuels où c’est une maladie. Ces gens-là ne sont pas capables de se contrôler. Est-ce que dans certaines circonstances, on serait justifiés d’imposer comme peine, la castration chirurgicale? On doit avoir le débat. Après trois fois, si tu n’as pas compris... On parle quand même d’enfants! Je pose donc la question aux leaders fédéraux», a-t-il conclu.