Le quadrilatère est délimité par le boulevard Louis-XIV, l'avenue Royale, la rue Jean-XXIII et l'avenue Larue.

Recours de 10 M$ autorisé contre la carrière René St-Pierre

Des centaines de citoyens de Québec pourraient finalement être dédommagés pour les ennuis de santé causés par la carrière René St-Pierre, dans le secteur de Beauport, car une action collective de 10 millions $ contre l'exploitant du chantier vient d'être approuvée par la Cour supérieure.
Les demandeurs réclament 5000 $ par ménage pour «les dommages subis», et ce, pour chacune des trois dernières années, peut-on lire dans l'avis d'autorisation de l'action collective. À cela s'ajoute un montant de 1000 $ par ménage exigé «à titre de dommages exemplaires», encore une fois répété sur trois ans. C'est donc dire que chacun des ménages réclame 18 000 $ à l'entreprise Excavation René St-Pierre. Le montant demandé grimpe à 21 000 $ pour les résidents «ayant subi de la pollution visuelle».
Au total, 17 rues du secteur résidentiel situé à l'est de la carrière sont concernées par l'action collective. Le quadrilatère est délimité par le boulevard Louis-XIV, l'avenue Royale, la rue Jean-XXIII et l'avenue Larue. Au moins 558 ménages font partie du recours, ce qui mène à une réclamation de plus de 10 millions $.
Les résidents cherchent à démontrer qu'Excavation René St-Pierre a «causé et cause [...] des inconvénients anormaux de voisinage», en plus d'avoir «exploité de manière fautive le site en litige causant des dommages aux membres du groupe et aux demandeurs». L'avis d'autorisation d'action collective fait notamment référence à la poussière, au bruit, au grincement provoqué par les chenilles des bouteurs, à la vibration de la machinerie et aux odeurs.
En 2013, une enquête menée par la Direction régionale de la santé publique avait révélé que les activités de la carrière René St-Pierre causaient bel et bien des ennuis de santé à la population de l'endroit. On parlait à ce moment de «symptômes irritatifs» - toux, congestion, yeux irrités - et psychologiques - anxiété et agressivité. L'entreprise s'était alors vu remettre une sanction administrative de 10 000 $.
En entrevue avec Le Soleil il y a quatre ans, une résidente du quartier avait indiqué: «Ça vient par centaines de camions par jour, cinq jours par semaine. L'été, on ne reçoit tout simplement plus d'invités parce qu'il y a trop de poussière. [...] Il y a des jours où c'est invivable, et quand tu as un enfant malade à la maison et qu'il passe des centaines de camions dans la rue, il ne peut pas se reposer.»
Rappelons que la carrière René St-Pierre a été forcée de cesser ses opérations en mai 2016 après que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques eut constaté des infractions à la Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés. L'entreprise avait un an pour se conformer aux exigences du ministère et ainsi retrouver son droit d'exploitation.
Bien que la pierre du chantier ne soit plus exploitée depuis longtemps, la carrière sert de site de remplissage depuis 2006, soit de lieu où la terre excavée ailleurs à Québec est déversée. Depuis 2013, les deux tiers du site sont par ailleurs propriété de la Ville de Québec, qui s'en sert comme dépôt à neige.
La carrière René St-Pierre appartient au Groupe St-Pierre, spécialisé dans les travaux d'excavation et de démolition.