Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a estimé dans un communiqué publié mercredi que la façon de faire du gouvernement relevait «de l’arbitraire le plus total et du favoritisme le plus flagrant».

Québecor s'adresse aux tribunaux pour faire annuler l'aide à GCM

MONTRÉAL — Le groupe médiatique Québecor se tourne vers la Cour supérieure du Québec pour tenter de faire annuler et invalider le décret du gouvernement du Québec qui consent une aide financière remboursable de 10 millions $ au Groupe Capitales Médias (GCM) propriétaire de six journaux régionaux dans la province.

L’entreprise montréalaise de télécommunications estime que le gouvernement québécois a abusé du pouvoir que lui confère la Loi sur Investissement Québec en apportant une aide à Capitales Médias, qui possède les journaux Le Soleil de Québec, Le Droit d’Ottawa, Le Nouvelliste de Trois-Rivières, La Tribune de Sherbrooke, Le Quotidien et Le Progrès du Saguenay-Lac-Saint-Jean et La Voix de l’Est de Granby.

Dans sa demande, Québecor rappelle qu’une aide financière ponctuelle comme celle accordée à Capitales Médias doit présenter «un intérêt économique important pour le Québec». Or, Québecor estime le projet de transformation numérique de l’éditeur ne présente «ni l’envergure, ni le potentiel, ni les retombées nécessaires» pour représenter un tel intérêt économique.

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a estimé dans un communiqué publié mercredi que la façon de faire du gouvernement relevait «de l’arbitraire le plus total et du favoritisme le plus flagrant».

Le prêt avec intérêts, qui a été accordé par l’entremise d’Investissement Québec, s’inscrit dans un projet de modernisation de Groupe Capitales Médias de 26 millions $. La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, avait défendu en décembre la décision de son gouvernement, en faisant valoir qu’il s’agissait d’une décision d’affaires et qu’il constituait un investissement dans une «entreprise» québécoise et non dans un «média». Selon elle, 400 emplois étaient à risque.