Quatre ans pour un batteur de femmes

Cathy* veut fêter la fin de son MBA avec des copines. Son chum, Charles-Alexandre Mathieu, refuse et se met à la brûler à la poitrine, à l’épaule et à la main avec sa cigarette.

Le jeune homme de 26 ans, qui compte déjà une longue feuille de route en matière de violence, a été condamné vendredi à quatre ans de pénitencier. Une fois la détention provisoire soustraite, il lui restera un peu plus de 38 mois à purger.

Charles-Alexandre Mathieu a plaidé coupable à des gestes de violence conjugale commis sur Cathy et trois autres conjointes, en moins de six mois.

Cathy, 31 ans, a été la première plaignante. Étudiante en droit, elle a fréquenté Charles-Alexandre Mathieu durant deux mois l’été dernier. 

Après l’épisode de la cigarette, Mathieu s’est mis à la blesser quotidiennement, en la pinçant, lui frappant les jambes, lui serrant le visage.

Cathy voulait souvent le quitter, mais il réussissait à la convaincre de rester, lui faisant miroiter un emploi auprès d’un ami avocat.

Elle a fini par porter plainte à la police après avoir été battue dans une chambre d’hôtel, à Québec.

Séquestrée et frappée

Une autre plaignante a eu une relation extraconjugale avec Charles-Alexandre Mathieu. Lorsque la jeune femme a voulu mettre fin à la relation, Mathieu a menacé de poignarder son mari. 

Après une fête, dans une chambre d’hôtel, la jeune femme a voulu appeler les policiers avec son cellulaire. Mathieu l’a empêché de sortir en la séquestrant et l’a frappée au visage. «La gueule lui a explosé», dira-t-il aux policiers.

La troisième plaignante a fréquenté l’accusé durant environ un mois. Dès la première journée, il l’a prend à la gorge parce qu’elle parle à un autre homme. Il menace de la brûler vivante et de lui arracher les yeux de la tête si elle le met à la porte et si elle le dénonce. Il promettait d’ailleurs de revenir la tuer, elle et sa mère, dès sa sortie de prison. 

La quatrième plaignante a été poussée par l’accusé et ce dernier menaçait de brûler son appartement.

La poursuite et la défense ont suggéré l’imposition d’une peine de 48 mois. La suggestion a été jugée raisonnable par le juge Pierre-L. Rousseau.

«Il mérite d’être isolé de la société, on doit protéger la société», a insisté la procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine, en soulignant le gros problème de violence de l’accusé.