Deblois connaissait bien la dangerosité du produit qu'il vendait; une nuit de fête, il a dû garder son colocataire éveillé à coups de claques au visage.

Quatre ans de pen pour trafic de fentanyl

Le fentanyl, drogue de synthèse souvent létale, faisait son entrée à Québec il y a un an. L'un des responsables de sa distribution, Stéphane Deblois, a écopé jeudi d'une peine de quatre ans de pénitencier.
La police de Québec a réussi à arrêter en mars 2016 la demi-­douzaine de trafiquants qui avaient été les premiers à vendre du fentanyl aux toxicomanes de la Vieille Capitale.
Mais cette drogue, qui fait des ravages en particulier dans l'ouest du Canada, ne va malheureusement pas disparaître, et les peines se doivent d'être très dissuasives, a plaidé le procureur de la Couronne Me Daniel Bélanger, en présentant la suggestion commune de quatre ans de détention au juge Christian Boulet.
Les comprimés clandestins de fentanyl, fabriqués dans des laboratoires de brousse, entraînent les consommateurs dans un véritable jeu de roulette russe. Le dosage est inégal et certains comprimés vont excéder la dose mortelle, qui est de deux microgrammes.
Stéphane Deblois, 39 ans, consommateur d'héroïne, affirme qu'il avait réussi à se sevrer grâce à la méthadone. Un héritage reçu à la mort de son père l'a fait rechuter.
Il a vendu des comprimés de fentanyl à un agent d'infiltration à trois reprises.
Consommation prudente
Deblois connaissait bien la dangerosité du produit qu'il vendait; une nuit de fête, il a dû garder son colocataire éveillé à coups de claques au visage.
C'est pourquoi il a averti son acheteur de ne pas consommer plus du tiers du comprimé pour éviter la surdose.
«J'ai pris cette marde-là de fentanyl qui est très fort pour m'ôter mon sevrage», a expliqué péniblement le trafiquant Deblois au juge Boulet. «Je ne voulais pas causer la mort de quelqu'un.»
Une fois soustraite la détention provisoire, Stéphane Deblois devra purger encore 33 mois.
Jean-Philippe Potvin, un individu sans antécédent judiciaire qui gardait la cache de fentanyl, s'est vu imposer une peine de cinq ans de pénitencier.
D'autres membres du réseau sont toujours en procédure judiciaire.