Le palais de justice de Victoriaville

Procès pour viol collectif: Vézina jure n'avoir jamais donné de bière à la plaignante

Dominic Vézina, 23 ans, l'un des trois hommes de Québec accusés d'avoir violé une adolescente de 15 ans lors d'une soirée rave en 2014, jure n'avoir jamais donné de bière à la plaignante alors que celle-ci laissait entendre qu'elle pouvait avoir été intoxiquée par la «drogue du viol».
«La bière, c'est un mythe! Je n'ai jamais donné de bière à la plaignante, je ne lui ai jamais donné rien. Si elle a bu dans mon verre alors qu'on était allés jaser à côté de la scène, je ne sais pas. Mais je n'avais rien mis dedans, c'est mon verre!» a déclaré Vézina, interrogé vendredi par son avocat, Me Félix-Antoine T. Doyon.
Vézina a ajouté qu'il avait trouvé difficile d'entendre la plaignante raconter les événements sans pouvoir dire un mot. «En plus, elle a dit que c'était une bouteille de bière en vitre que je lui avais donnée et il n'y en avait pas lors de cette soirée. Seulement de la bière en cannette et de la Molson, que je ne bois pas puisque je travaille pour une compagnie compétitrice.»
L'âge
Comme son coaccusé Jean-Christophe Martin la veille, Dominic Vézina dit s'être assuré que la jeune fille était majeure avant d'avoir des relations sexuelles avec elle. «Elle m'a dit qu'elle étudiait pour aller en médecine. Je lui ai demandé si elle connaissait un de mes amis qui est étudiant en médecine et elle m'a dit qu'elle n'était pas encore rendue à l'université. Je lui ai dit que j'avais 21 ans et elle m'a répondu qu'elle avait 18 ans.»
Il affirme également avoir été convaincu que la plaignante était majeure en raison de son apparence physique. «Elle avait l'air d'une femme, autant des hanches que de la poitrine, et elle était maquillée légèrement, pas à outrance comme les adolescentes qui veulent paraître plus vieilles», a-t-il expliqué au jury.
Dominic Vézina est l'un des trois hommes de Québec accusés d'avoir violé une adolescente de 15 ans lors d'une soirée <em>rave</em> en 2014.
Vézina n'a cependant pas procédé à des vérifications plus poussées de l'âge de la plaignante, lui qui avait pourtant affirmé quelques minutes plus tôt qu'il s'était assuré, plus tôt dans la soirée, qu'une fêtarde qui lui brandissait son permis de conduire avait bel et bien 18 ans avant de lui verser du champagne dans la bouche.
Multiples relations
Vézina a raconté avoir embrassé la plaignante dans sa loge. Celle-ci lui aurait ensuite fait une fellation et il aurait ensuite eu une relation sexuelle avec elle. «Je n'ai jamais eu de relations sexuelles anales avec elle», a cependant tenu à préciser l'accusé en réponse au témoignage de la plaignante qui prétendait le contraire.
Quand ses amis Martin et Pierre-François Blondeau, le troisième accusé, seraient entrés dans la loge, la plaignante se serait dirigée vers Blondeau pour lui faire une fellation avant d'être interrompue pendant qu'elle tentait de détacher son pantalon par quelqu'un qui est entré dans la loge. La jeune fille se serait finalement mise à discuter avec Martin et lui aurait fait une fellation pour être encore interrompue par une autre personne qui entrait dans la loge. Vézina aurait ensuite eu une autre relation sexuelle avec la plaignante après la soirée, dans la jeep de Martin. 
Instigatrice
Selon les dires de Dominic Vézina, c'était presque toujours l'adolescente qui initiait les contacts sexuels, parfois en utilisant un langage crû. «Elle m'a dit: "Fo.....-moi, Bae!"» après m'avoir fait une fellation dans la jeep. Ensuite, une fois à l'hôtel, elle a dit: "Je ne sors pas du char tant que je ne me fais pas fo....!"» C'est Blondeau qui serait alors retourné vers la jeep à ce moment-là. «Moi, ça a été fini, je n'ai plus eu de contact sexuel avec elle ce soir-là», a indiqué Vézina.
L'accusé a insisté sur le fait que l'adolescente avait consenti à toutes les relations. «Jamais elle n'a dit non, elle a été entreprenante même, jamais la force n'a été utilisée contre elle. Jamais je n'ai eu de doute quant à son âge. Elle était crédible et elle n'avait pas l'air intoxiquée.»
C'est le lendemain, lorsque le trio rentrait à Québec avec la jeune fille pour la déposer chez une amie à Charny que Vézina dit avoir appris qu'elle était mineure. «Elle recevait des textos, le localisateur de son cellulaire sonnait, elle capotait, elle disait que sa mère allait capoter. Elle a fumé du cannabis dans une pipe en verre pour relaxer un peu», raconte l'accusé.
C'est là que la plaignante aurait avoué avoir eu des problèmes avec ses parents pour avoir vendu de la drogue au secondaire. «On a posé des questions et c'est là qu'on a su l'âge qu'elle avait. Pour moi, ça a été la panique totale. Elle a dit: "Inquiétez-vous pas, j'ai déjà couché avec des gars plus vieux"», a poursuivi Vézina. Jeudi, Martin avait dit n'avoir appris que deux mois plus tard que la jeune fille n'avait pas l'âge de consentement, soit 16 ans.
Le procureur de la Couronne, Me  Éric Thériault, contre-interrogera Vézina lundi et le troisième et dernier accusé, Blondeau, sera ensuite appelé à témoigner à son tour.