Dans sa plaidoirie lundi matin, Yves Savard a décrit la plaignante comme une jeune fille qui était «en admiration» devant son client.

Procès pour viol collectif: la Couronne insiste sur les blessures

Le procureur de la Couronne Éric Thériault a rappelé plusieurs fois au jury les multiples blessures sérieuses subies par la plaignante dans sa plaidoirie lundi au procès de Jean-Christophe Martin, Pierre-François Blondeau et Dominic Vézina de Québec pour le viol collectif d'une adolescente de 15 ans.
«Rappelez-vous la trousse, rappelez-vous son état!», a indiqué plusieurs fois l'avocat dans sa plaidoirie, faisant référence à la trousse médico-légale réalisée sur la plaignante 36 heures après les actes par la Dre Jacynthe Rousseau du CLSC de Saint-Romuald.
Me Thériault a aussi rappelé que les avocats des accusés n'avaient jamais expliqué ces blessures dans leurs plaidoiries ou dans la preuve déposée en défense.
«Des bleus aux seins, aux épaules, des fissures, des déchirures et des lésions anales et vaginales... N'oublions pas que le médecin a déclaré que des 75 à 100 trousses qu'elle avait faites dans sa carrière, celle-ci était dans son top 2 (pour le mauvais état de la patiente)», a affirmé Me Thériault.
Celui-ci estime qu'il y a eu insouciance de la part des accusés. «Avec six pénétrations en plus ou moins trois heures, n'était-il pas possible de penser qu'ils lui causeraient des lésions?»
Consentement
Il avance également qu'il ne pouvait y avoir de consentement puisque la plaignante avait 15 ans alors que l'âge du consentement est de 16 ans et qu'elle était intoxiquée par l'alcool et les amphétamines. «Comment aurait-elle pu consentir aux lésions causées par six pénétrations vaginales et anales et quatre fellations, sans compter les touchers dans l'auto, à part si elle était intoxiquée?»
Me Thériault a aussi avancé que les trois accusés n'avaient pas pris les mesures nécessaires pour s'assurer de l'âge de la jeune fille, ne posant même pas la question aux amies qui l'accompagnaient.
Il a aussi martelé sur la propension des trois jeunes hommes à minimiser les faits et à couvrir leurs gestes. Il a ainsi appelé les jurés à les déclarer tous coupables, estimant que la défense n'avait pas réussi à soulever un doute raisonnable.
En admiration
En avant-midi, Me Yves Savard, avocat de Blondeau, le chanteur Midaz du duo Midaz et Ellie, avait complété les plaidoiries de la défense. Il a entre autres affirmé que la plaignante «souhaitait ce qui est arrivé» avec son client lors de la soirée «rave» à Victoriaville en 2014.
Il a décrit la plaignante comme une jeune fille «en admiration» devant son client, dont elle appréciait la pièce «Live It Up».
«Elle a dit à l'enquêteur «J'ai «trippé» dessus pendant vraiment longtemps», elle est venue vers lui en l'appelant Midaz et une témoin qui a surpris une conversation entre les deux a dit qu'elle semblait en admiration devant lui pendant qu'ils discutaient», a énuméré l'avocat de l'homme de 24 ans.
«Madame souhaitait ce qui est arrivé dans la soirée, notamment avec M. Blondeau», a-t-il résumé.
Des ajustements
Me Savard qualifie aussi «d'ajustements» les éléments du témoignage de la jeune femme qui l'auraient fait transformer les événements en viol. «Ma vision est que Madame a consenti à la fellation dans la voiture. Quand elle est retournée chez elle, face à ses parents, quand elle s'est couchée et réveillée, elle avait honte de ce qu'elle avait fait la veille. C'est là que les ajustements ont commencé», indique-t-il.
L'avocat a noté le fait que l'adolescente ait omis de parler de sa consommation de drogue au départ, qu'elle avait prétendu être plus vieille que son âge sur l'application Tinder et qu'elle se rappelait de plusieurs détails, mais que tout devenait flou lorsqu'il était question des rapports sexuels.
Sur la question de l'âge de la plaignante, Me Savard a comme ses collègues de la défense estimé que son client avait pris les mesures nécessaires pour s'en assurer.
Le juge donnera ses directives au jury jeudi matin. Les six hommes et six femmes seront ensuite séquestrés jusqu'à ce qu'ils en viennent à un verdict pour les trois accusés sur chacune des quatre accusations auxquelles ils font face.