La preuve de la Couronne et de la défense étant close, les avocats livreront leurs plaidoiries vendredi.

Procès pour crimes sexuels: presque toute la famille aurait été victime

Si on en croit les témoignages entendus mardi au procès d'un homme de 56 ans de Québec accusé de multiples crimes sexuels, ce sont presque tous les membres féminins de sa famille qui y passaient quand venait le temps pour lui d'assouvir ses plus bas instincts.
Le quinquagénaire, qu'on ne peut identifier pour protéger l'identité des victimes qui étaient mineures au moment des faits, s'en serait pris à sa fille, à sa nièce, à sa cousine et à sa soeur au fil des années.
Âgée de 55 ans, sa soeur a d'ailleurs livré un émouvant témoignage mardi quand elle a raconté, des trémolos dans la voix, comment son grand frère l'avait forcée à avoir une relation sexuelle complète avec lui alors qu'elle gardait ses frères et soeurs plus jeunes en 1976.
«Quand je l'ai dit à ma mère, elle m'a traitée de menteuse, m'a donné une claque dans la face et m'a dit que je voulais seulement briser sa famille. Elle m'a dit que c'était ma faute ce qui était arrivé, et m'a cassé une pompe à toilette sur les jambes pour que j'arrête de pleurer...» a-t-elle raconté.
C'est en 2012, après avoir croisé par hasard son frère au centre commercial, qu'elle a décidé de porter plainte après avoir fait une thérapie avec l'organisme Viol Secours.
L'ex-femme de l'accusé, qui a aussi témoigné mardi, avait pour sa part rencontré des procureurs et des policiers en 1994. Une enquête avait été instituée et la fille qu'elle avait eue avec l'accusé avait été retirée de la garde de son père par la Direction de la protection de la jeunesse. 
Peur pour sa fille
L'enquête policière n'avait toutefois pas débouché sur des accusations à l'époque puisque la mère avait demandé de mettre fin aux procédures. «J'avais peur pour ma fille, car elle ne voulait pas voir son père et qu'elle ne voulait pas parler», a expliqué la femme au juge Hubert Couture.
Leur fille a également témoigné et raconté comment son père lui faisait des caresses intimes de deux à trois fois par semaine alors qu'ils regardaient des films d'horreur ensemble. L'homme aurait aussi forcé sa fille, alors qu'elle avait à peine huit ans, à lui faire une fellation.
Aujourd'hui âgée de 35 ans, la nièce de l'accusé a pour sa part témoigné à propos d'un événement survenu alors qu'elle se faisait garder chez son oncle quand elle avait 11 ans. Celui-ci lui aurait demandé de le suivre dans la salle de bain et l'aurait forcée à le masturber. 
«Si tu le dis à ta mère, je vais te tuer», aurait-il ajouté à l'intention de la préadolescente. Celle-ci avait tout de même tout raconté à sa mère, qui avait appelé la police, mais encore une fois, l'affaire n'était pas allée plus loin.
Le procès se poursuivra mercredi avec le dernier témoin de la Couronne, la cousine de l'accusé. La défense fera ensuite entendre quatre témoins.