Le citoyen Allan Morrisson n'a jamais eu de réponse claire quant à l'intention de Gastem de faire ou non de la fracturation hydraulique.

Procès Gastem contre Ristigouche: «Développer la Gaspésie... de la bonne façon»

En pressant leur conseil municipal au début de 2013 afin qu'un règlement détermine une distance séparatrice de deux kilomètres entre un forage pétrolier et une source, les citoyens de Ristigouche Sud-Est voulaient seulement protéger leur eau potable, indique Allan Morrisson, citoyen de l'endroit à l'époque.
Témoignant au procès durant lequel Gastem demande un million $ en dommages à la municipalité, M. Morrisson a déclaré qu'il n'a jamais été dans son intention ou celle des autres citoyens poussant pour l'adoption du règlement de faire obstruction à la compagnie.
Il s'est ainsi présenté à une réunion publique organisée par Gastem le 22 novembre 2011 avec le but d'en savoir plus sur le projet de forage exploratoire de la firme, et sur les moyens qu'elle prendrait pour «protéger notre nappe phréatique», a-t-il précisé mardi. 
«J'étais préoccupé par la fracturation hydraulique. Je me présentais comme néophyte [...] On a des puits artésiens. On a vu beaucoup de reportages [...] où les citoyens se faisaient livrer de l'eau en camion. J'ai demandé à M. Savoie [le président de Gastem] s'il y aurait de la fracturation. Il m'a répondu : ''Ce n'est pas prévu''. J'ai posé la question de nouveau et il n'a jamais répondu non. J'ai pensé qu'il y en aurait», a indiqué M. Morrisson.
Il s'est mobilisé 14 mois plus tard, en janvier 2013, alors que Gastem était titulaire d'un permis de forage. Il a fait circuler une pétition et croit avoir amassé de porte en porte près de 60 des 91 noms recueillis pour exiger que la municipalité adopte un règlement sur l'eau potable. Il y a environ 160 personnes dans le village.
«Je veux développer la Gaspésie, exploiter nos ressources naturelles, mais de la bonne façon [...] Gastem, tant mieux s'ils viennent, mais c'était pour me protéger», qu'il s'est opposé au projet de forage trop près, selon lui, à 130 mètres environ, des sources d'eau.
Pas de forage
Gastem n'a finalement pas foré, prétextant le manque d'appui symbolisé par le règlement. Allan Morrisson et François Boulay, le maire actuel, ont poussé suffisamment fort pour que l'ancien conseil municipal adopte le 5 mars 2013 le règlement «de Saint-Bonaventure», du nom de la première municipalité à en avoir formulé le libellé.
MM. Morrisson et Boulay ont fini par se faire élire au conseil municipal de Ristigouche Sud-Est en novembre 2013, notamment après avoir découvert que l'ancien conseil avait attendu plus de 60 jours avant de faire part au public que Gastem réclamait des dommages pour deux millions $ à ce moment. 
Le juriste Richard Langelier, coauteur du règlement de Saint-Bonaventure, a quant à lui dit à la cour que Ristigouche Sud-Est n'était pas seule, «puisque 50 municipalités avaient déjà adopté le règlement en février-mars 2013». 
Devant la presse, M. Langelier a rappelé que depuis 2014, 331 municipalités dans 75 MRC ont demandé à Québec d'agrandir la zone séparatrice de 500 mètres adoptée par l'État, zone qui aurait disqualifié le projet de Gastem.
Le maire Boulay a aussi dit: «Je ne m'oppose pas au projet de Gastem. Ce que je veux et ce que je vise, c'est la protection de l'eau potable».