L'infirmier Mohammed Doudou-Traoré est accusé d'avoir drogué et agressé sexuellement deux jeunes femmes.

Procès d'un infirmier pour agression sexuelle: des comprimés dans les poches

L'infirmier Mohammed Doudou-Traoré, accusé d'avoir drogué et agressé sexuellement deux jeunes femmes, a déjà ramené chez lui des comprimés provenant de l'hôpital.
C'est ce qu'une ex-partenaire de l'accusé a raconté à la cour mardi, au deuxième jour du procès de l'accusé de 34 ans.
En vidant les poches des vêtements de travail de son copain avant de faire le lavage, la jeune femme dit avoir trouvé plusieurs fioles avec divers comprimés.
Mohammed Doudou-Traoré aurait répondu à sa conjointe qu'il avait recueilli les doses restantes de médicaments de certains patients et avait simplement oublié de les remettre à la pharmacie de l'hôpital.
L'ex-partenaire a raconté s'être rendu compte, en cours de la relation, que Mohammed Doudou-Traoré fréquentait une autre jeune femme en parallèle.
Preuve de faits similaires
Quatre autres jeunes femmes ont communiqué avec la police de Québec après l'arrestation de l'infirmier et la médiatisation de l'affaire.
Afin de prouver le «modus operandi» de l'accusé, le procureur de la Couronne Me Michel Bérubé a fait témoigner l'une de ces jeunes femmes.
Héloïse (prénom fictif) a raconté avoir connu Mohammed Doudou-Traoré, que tous appellent Med, en décembre 2011 au Star Bar.
À la fin de la soirée, rendue dans le logement d'un ami, Héloïse aurait accepté un verre de vodka-jus d'orange préparé par l'accusé.
Quelques minutes plus tard, elle s'est sentie molle et lourde. En même temps, elle avait l'impression de flotter au-dessus de la scène.
Med se serait alors approché d'elle, se serait étendu sur le dos et l'aurait couchée sur lui.
«Je voulais dire "non" fort, mais ça sortait comme un murmure», a témoigné Héloïse.
Les gestes de Med auraient été interrompus par l'arrivée d'un ami, qui a entendu les faibles protestations de la jeune femme. Héloïse affirme avoir eu des vomissements durant plusieurs heures à son retour chez elle.
Sans goût sans odeur
Pour la toxicologue judiciaire Marie-Pierre Taillon du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, les symptômes d'Héloïse, tous comme ceux décrits lundi par les deux plaignantes, sont incompatibles avec une consommation d'alcool, même abusive.
Ces symptômes concordent toutefois avec la prise d'un médicament comme la kétamine, dont des traces ont été trouvées dans les cheveux d'une plaignante.
La chimiste et toxicologue judiciaire a expliqué que la kétamine, utilisée sous forme liquide en milieu hospitalier, est sans goût et sans odeur. 
Ses effets dépresseurs se font sentir 30 minutes après l'ingestion et vont être doublés par la consommation d'alcool.