Le pasteur Paul Mukendi avec son avocate Me Dominique Bertrand. Cette dernière contre-interrogera mardi la présumée victime du fondateur de l’église Parole de Vie.

Procès du pasteur Paul Mukendi: présumée victime giflée et battue

Gifle, coups de pieds, attaque avec une ceinture ou un couteau; Leya* a décrit pour le jury lundi les voies de fait qu’elle dit avoir subies aux mains du pasteur Paul Mukendi.

La jeune femme de 31 ans témoigne depuis vendredi au procès du révérend, accusé de lui avoir fait subir diverses agressions sexuelles et sévices physiques sur une période de 14 ans.

Leya était l’une des premières membres de l’église Parole de Vie, fondée par Paul Mukendi, 41 ans. Elle allègue que le pasteur aurait commencé à l’agresser sexuellement lorsqu’elle avait 14 ans. Par la suite, affirme-t-elle, elle n’a pas eu le choix de continuer à se soumettre à lui, dit-elle, car sa mère, fidèle fervente, l’avait offerte en offrande au révérend.

En plus des relations sexuelles fréquentes, notamment des actes de sodomie, Leya affirme avoir subi les sautes d’humeur du pasteur, chez qui elle demeurait à temps partiel à une époque, et avoir enduré gifles et coups.

Elle a témoigné à propos d’un événement, lorsqu’elle avait environ 20 ans. Le pasteur l’aurait menacée de mort parce qu’elle refusait d’avoir une relation sexuelle et lui aurait fait une entaille à la fesse avec un couteau.

La procureure de la Couronne Me Sonia Lapointe a déposé en preuve un cahier de photos. Leya tourne les pages, pointant des cicatrices sur sa fesse, sa cheville et son épaule.

Leya témoigne d’un autre événement où, parce qu’elle riait avec la jeune sœur du pasteur, Mukendi lui aurait lancé l’assiette de spaghettis qu’elle venait de lui servir, faisant éclater un verre. La jeune femme a été coupée à la cheville.

Les gifles et les coups étaient «répétitifs», témoigne Leya, qui peine à identifier chaque geste de violence.

Dernier épisode de violence

Le dernier épisode reste gravé dans sa mémoire, dit-elle. En mars 2016, le pasteur Paul Mukendi serait venu la rejoindre à son appartement du quartier Saint-Jean-Baptiste, irrité par un message texte qu’elle venait de lui envoyer.

Après avoir cogné violemment à la porte, qu’il a fini par ouvrir avec la clef qu’il avait demandé à avoir, le pasteur aurait saisi Leya à la gorge et l’aurait plaquée au mur, en la menaçant de mort et en la traitant d’ingrate. 

Leya a réussi à se réfugier dans la salle de bain et a cru entendre Mukendi partir. Lorsque la jeune femme est sortie de la pièce, Mukendi l’aurait frappée à coups de pieds, de poings et de ceinture. 

En la tirant par les cheveux, il l’aurait amenée jusqu’à son lit où il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel, affirme Leya. «Il a dit qu’il allait me tuer et que je serais la seule personne à blâmer», dit la jeune femme.

Avant de repartir, le pasteur aurait vu une blessure sur l’épaule nue de Leya. Il se serait dit désolé et lui aurait offert 40 $, somme que la jeune femme a refusée.

C’est à la suite de cet événement allégué que Leya a décidé de porter plainte à la police et de quitter définitivement l’église installée à Vanier.

Leya sera contre-interrogée mardi par Me Dominique Bertrand, l’avocate de Paul Mukendi.

* Prénom fictif