Toby Carrier est accusé du meurtre de son frère et de tentatives de meurtre sur ses parents.

Procès de Toby Carrier: contre-interrogatoire musclé

Toby Carrier a été mis face à certaines contradictions mercredi, lors de son long contre-interrogatoire mené par le ministère public. Rappelons que l'homme de 27 ans de Matane subit son second procès pour le meurtre de son frère et les tentatives de meurtre sur ses parents.
Me Guy Loisel a notamment relevé que lors de son premier procès, Carrier n'avait pas parlé du «grand frisson», celui qu'il avait évoqué mardi pour expliquer le moment où le contrôle de ses actes lui avait échappé quelques instants avant le drame.
En rapport avec le premier procès, Carrier a d'ailleurs affirmé régulièrement qu'il a eu beaucoup de difficulté à témoigner à cette occasion. «C'était tout le temps des objections», a-t-il déclaré. Et si aujourd'hui ses affirmations du premier et du second procès ne sont pas identiques, c'est qu'on lui «a fait comprendre que chaque détail était important. C'est pour ça que j'explique plus», a-t-il dit.
L'accusé a convenu que c'était «niaiseux» de faire croire aux amis croisés après le meurtre qu'il avait l'intention de tuer ses parents. Chez aucun de ses amis, il ne dit que c'est son corps qui a agi indépendamment de sa volonté, chose qu'il répète au jury depuis le début de son témoignage.
D'ailleurs, presque chaque fois que Me Loisel disait à l'accusé qu'il avait posé tel ou tel geste au cours du drame, ce dernier le corrigeait en disant que c'était son corps, pas lui. «Je n'accepterai jamais qu'on dise que c'est moi» qui ai posé ces gestes, a-t-il entre autres déclaré.
Il tient pourtant le même discours du crime commis en toute conscience lors de son interrogatoire par l'enquêteur de la Sûreté du Québec, où il raconte sans sourciller comment il a attenté à la vie de ses parents et tué son frère. «Celui que je vois [sur le vidéo de l'interrogatoire] me répugne. C'est la version d'un gars qui n'a pas aidé sa famille», a-t-il dit mercredi.
Incapable de ressentir
Une fois qu'il s'est retrouvé dans le portique de la résidence familiale après avoir assassiné son frère et tenté de faire de même avec ses parents, Toby Carrier dit avoir revu la scène défiler dans sa tête, mais il était toujours «incapable de ressentir quoi que ce soit en lien avec l'état de santé» de ses parents. «La seule chose qu'il y avait dans ma tête, c'était de me suicider», a-t-il ajouté.
L'accusé a souligné n'avoir eu «aucunement conscience» du moment où il s'est rendu dans la cuisine chercher le couteau qui servira au crime. Quelques minutes avant les événements, il aurait pourtant écrit sur un site de discussion sur Internet qu'il avait quelque chose dans les mains et qu'il avait hâte de s'en servir. Le contre-interrogatoire de l'accusé se poursuit aujourd'hui.