Tobby Carrier lors de son arrestation en avril 2009

Procès de Toby Carrier: «ça m'a fait du bien», a dit l'accusé

C'est avec un calme presque irréel que Toby Carrier décrit comment il a assassiné son frère Ismaël et tenté de faire de même avec ses parents le soir du 31 mars 2009 à Matane. Le jury au procès de l'homme de 27 ans voyait mercredi pour la première fois l'interrogatoire vidéo de Carrier.
«Je me trouve un peu fou, il ne faut pas être sain d'esprit pour faire ça, mais ça m'a fait du bien», a notamment lancé l'accusé à l'enquêteur de la Sûreté du Québec qui l'interrogeait au lendemain matin des événements. Un peu plus tôt, Carrier avait déclaré au sergent Christian Michaud «que c'était assez sadique ce que j'ai fait, mais j'étais contrôlé par la rage».
Toby Carrier a expliqué que dans sa vision des choses, il pourrait tuer assez facilement sa famille à coups de couteau sans cris, rapidement. Son frère aîné Nathan, qui ne demeurait plus au domicile familial mais qui passait régulièrement, était aussi sur sa liste. Comme ses parents devaient partir en voyage durant une semaine, personne ne se serait inquiété de leur disparition.
«J'aurais ensuite profité de ma semaine», ajoute tout bonnement l'accusé, qui soutient qu'il aurait «mis du parfum» sur ses parents pour masquer l'odeur. Au terme de cette semaine qu'il aurait voulu «relaxe», Carrier aurait ensuite appelé les policiers avant de se suicider.
Il a aussi déclaré qu'il lui était «arrivé plusieurs fois (d'avoir) terriblement envie de tuer mes parents» et fait part également être «déçu de ne pas (les) avoir tué». La mère de l'accusé, Chantal Michaud, qui assiste au procès, continue de maîtriser totalement ses émotions malgré les propos à glacer le sang.
Volonté de se suicider
Carrier dira plusieurs fois à l'enquêteur Michaud son intention de se suicider. Vers la fin de l'interrogatoire d'une durée de 3h20, dont trois périodes totalisant 90 minutes où Carrier est seul, ce dernier réclame l'aide du policier pour passer à l'acte. Comme le sergent lui répète que de toute évidence, c'est impossible pour lui de l'aider à faire une telle chose, l'accusé lui rétorque qu'il sera alors «déplaisant». Il joint la parole à l'acte en vidant sa bouteille d'eau sur le plancher de la salle d'interrogatoire.
Lors de cet interrogatoire, où il soutient que son père le battait et que sa mère «inventait des scénarios pour empirer les choses», Carrier refuse pour une troisième fois son droit à voir un avocat. Il assure l'enquêteur qu'il assume ses actes, mais soulignera avoir été «poussé par une volonté qui n'était pas vraiment la mienne. Quand t'arrives derrière ta mère avec un capuchon sur la tête et un couteau, t'es déjà plus là».
Le second procès de Toby Carrier, qui se déroule au palais de justice de Baie-Comeau, reprendra mardi.