Toby Carrier est accusé du meurtre de son frère et de tentatives de meurtre sur ses parents.

Procès de Toby Carrier: bientôt l'heure des délibérations

L'heure des délibérations approche pour les sept femmes et les cinq hommes qui forment le jury dans le second procès de Toby Carrier, accusé du meurtre non prémédité de son frère et de tentatives de meurtre sur ses parents. Ils ont entendu mardi les plaidoiries des avocats de la défense et du ministère public.
Brossant le portrait d'un «garçon qui a été victime de rejet» durant l'adolescence, qui a vécu dans une famille «très stricte et très religieuse», qui souffrait d'une dépression majeure couplée à un trouble de personnalité limite et qui, de surcroit, a des antécédents de problèmes de santé mentale dans sa famille, Me Véronique Robert a réclamé au jury qu'il déclare son client non criminellement responsable.
«C'est clair pour la défense qu'il [Carrier] a perdu la carte», a plaidé Me Robert, qui a soutenu que l'accusé n'avait pas l'intention de tuer sa famille, même si c'est bien ce qu'il déclare dans le vidéo de son interrogatoire policier le lendemain du drame, survenu le 31 mars 2009 à Matane. 
«C'est un passage grotesque d'une déclaration grotesque», de lancer l'avocate, ajoutant plus tard que les propos de Carrier à cette occasion étaient «déjantés» et qu'il «racontait n'importe quoi» et qui si son rêve était vraiment de tuer sa famille, il n'a pas manqué d'occasions de «finir le travail».
Me Robert, qui fait équipe avec Me Roland Roy dans ce dossier, plaide donc la dissociation, ce qui aurait fait en sorte qu'il n'avait pas le contrôle de ses actes au moment des faits. L'accusé a d'ailleurs témoigné que dans son esprit, ce n'était pas lui qui a commis ces gestes, mais son corps.
Dissociation ou pas?
À l'opposé, la Couronne base son argumentation sur sa prétention que Toby Carrier rêvait depuis l'âge de 12 ans de tuer sa famille. Les choses ne se sont cependant pas passées comme il le désirait, a plutôt fait valoir Me Guy Loisel, qui a notamment insisté sur l'interrogatoire de l'accusé, qui décrit alors ses gestes avec de nombreux détails.
Si l'accusé a vécu un épisode de dissociation, pourquoi dit-il à ceux qu'il rencontre après le drame que c'était bien son intention de poignarder sa famille, demande le procureur. Carrier affirme même à deux amis qu'il était déçu d'avoir manqué son coup, ce qui ne va pas dans le sens de la dissociation.
L'un des éléments de Me Loisel pour démontrer sa théorie que Carrier est coupable des crimes dont on l'accuse et qu'il n'a pas souffert de dissociation, c'est qu'il a dit à une amie sur MSN qu'il se passerait quelque chose d'important à 22h45 cette journée-là, donc avant le drame.
Il a répété à l'enquêteur qui l'interrogeait après les crimes qu'à 22h45, il avait «fait ce qu'il avait à faire». «On ne peut pourtant pas prévoir une dissociation», a souligné Me Loisel, assisté de Me Annick Boivin dans cette affaire.
Après une pause mercredi, le procès reprendra jeudi avec les directives du juge Serge Francoeur au jury. Ce dernier sera ensuite isolé jusqu'à ce qu'il en vienne à un verdict.