Réal Savoie est accusé du meurtre avec préméditation de Sonia Raymond. L'événement est survenu le 27 juillet 1996 sur une plage de Maria, en Gaspésie.

Procès de Réal Savoie: l'envers du «scénario 65»

Mr. Big, désigné comme le «cousin» depuis le début du procès de Réal Savoie, a indiqué mardi qu'une partie de l'entretien survenu entre lui et celui qui était le 16 avril 2014 suspecté du meurtre prémédité de Sonia Raymond, avait servi à vérifier ce que l'accusé savait alors des causes de la mort, comme les deux coups de couteaux qu'elle a reçus à la gorge.
Mr. Big a précisé que l'entrevue était notamment destinée à faire dire à Réal Savoie des détails que seul les policiers connaissaient, dont ces deux blessures au côté gauche de la gorge, une lacération à la fesse gauche, deux marques de coups, aussi du côté gauche et la position du corps, sur la plage.
«Le bas du corps (était) à nu», a souligné Mr. Big, grand patron d'une organisation criminelle factice ayant servi à tisser une toile autour de Réal Savoie entre juillet 2013 et avril 2014 afin d'en arriver au but de ce type d'enquête par infiltration, faire avouer le crime au suspect.
Mr. Big, dont l'identité ne peut être dévoilée, comme c'est le cas des autres agents d'infiltration ayant participé à cette opération, a aussi précisé que Réal Savoie s'était sans doute caché derrière une pile de bois, après la mort de Sonia Raymond, afin d'éviter le regard de passants sur la plage de Maria où elle a été retrouvée, quelques heures plus tard, le 27 juillet 1996.
Quand Mr. Big s'est entretenu, seul, avec Réal Savoie, c'était, dans les scénarios échafaudés pour le faire passer aux aveux, afin de vérifier s'il était assez fiable pour être impliqué dans une grosse opération susceptible de rapporter 20000$ au suspect. Le ton de l'entrevue était «candide», afin que le suspect soit «libre» et «volontaire de partir».
Mr. Big et Réal Savoie ne s'étaient vus qu'une fois, de loin, peu avant ce fameux «scénario 65», et c'était pour montrer au suspect qu'il faisait partie d'une organisation d'envergure suffisante pour avoir un grand patron. C'était dans un restaurant huppé de Montréal.
Depuis le début des témoignages, le 6 mars, au palais de justice de New Carlisle, plusieurs des 65 scénarios ont été tenus pour montrer à Réal Savoie que l'organisation qui l'avait engagé misait sur l'importance de dire la vérité, et qu'elle pouvait l'aider s'il avait des problèmes, notamment l'influent Mr. Big, qui avait été capable de fabriquer un alibi pour sortir du pétrin un autre membre du groupe, faussement coupable d'un délit de fuite.
Le visionnement de l'entretien entre Mr. Big et Réal Savoie débutera mercredi matin à New Carlisle. L'enregistrement vidéo dure une heure et 40 minutes.
Depuis que des agents d'infiltration témoignent, la salle de cour est divisée en deux par des paravents, qui empêchent le public de voir ces policiers, l'accusé, le juge et les avocats. Le jury est composé de sept hommes et de cinq femmes.