Mohamed Doudou-Traoré

Procès de Mohamed Doudou-Traoré: manigances ou fausse théorie du complot?

D'un côté, la défense qui tente de dissiper «l'aura de manigances» enveloppant le procès de l'infirmier Mohamed Doudou-Traoré, accusé d'avoir drogué et violé deux jeunes femmes. De l'autre, le ministère public qui démolit la théorie du complot. Au centre, le juge, qui tranchera le débat.
L'avocate de Mohamed Doudou-Traoré, Me Marie-Élaine Poulin, a mis en garde le juge René De La Sablonnière de la Cour du Québec contre ce qu'elle a appelé «l'aura de manigances» du procès. 
Il y a eu collusion entre les témoins? demande le juge. À tout le moins contamination, réplique l'avocate, prudemment.
Les deux plaignantes, qui disent avoir été droguées puis agressées sexuellement par l'accusé à l'hiver 2011 sont des collègues de travail. L'une aurait été rejetée par l'accusé et aurait montré des signes de jalousie, selon la défense. L'autre a porté plainte à la police parce qu'elle se sentait mal pour son amie et tentait de renouer une amitié brisée.
La troisième jeune femme, qui aurait été droguée, mais dont l'agression aurait été interrompue, connaissait certaines partenaires sexuelles de Doudou-Traoré et aurait entendu parler de symptômes d'étourdissement. Mais elle ne connaît pas les deux plaignantes.
Finalement, plaide la défense, l'ex-conjointe, qui a dit avoir trouvé des comprimés dans les poches de l'accusé, est tout sauf un témoin neutre. Elle avait toutes les raisons, dit la défense, d'en vouloir à l'accusé, un infidèle chronique.
La théorie du complot de la défense ne tient tout simplement pas route, rétorque le procureur de la Couronne, Me Michel Bérubé.
Premièrement, dit Me Bérubé, elle implique plusieurs personnes qui ne se connaissent pas entre elles. 
Preuve toxicologique
Deuxièmement, elle nie la preuve toxicologique, soit les symptômes s'apparentant à la prise de kétamine ressentis par les plaignantes et la présence de la drogue dans les cheveux de l'une d'elles.
Mohamed Doudou-Traoré est «un individu qui maîtrise bien l'art du message», estime le procureur de la Couronne.
Pour preuve, l'histoire de l'insecte baveur qui lui aurait fait une brûlure sur le gland du pénis, mais nulle part ailleurs, souligne le procureur. L'accusé se défendait d'avoir jamais eu d'infection sexuellement transmissible.
Puis, le fait que l'accusé se présentait comme un homme qui n'avait jamais d'aventures extraconjugales alors que son cousin est incapable de compter le nombre de filles avec qui
Doudou-Traoré a couché alors qu'il était en couple.
Le juge René De la Sablonnière rendra son jugement le 21 juin.