Ce dessin de cour réalisé par Mike McLaughlin montre l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest durant son procès au palais de justice de Saint-Jérôme.

Procès de Bertrand Charest: des présumées victimes racontent avoir été piégées

L'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest avait recours au sexe, à la menace, à la culpabilisation et à l'indifférence pour manipuler les skieuses qui étaient sous sa responsabilité, a relaté l'une de ses présumées victimes, lundi, au palais de justice de Saint-Jérôme.
Bertrand Charest subit son procès sous 57 chefs d'accusation, notamment d'agression sexuelle et d'abus de confiance envers 12 victimes qui avaient entre 12 et 19 ans au moment des faits, dans les années 90.
Nancy (nom fictif) a tout de suite remarqué, lorsqu'elle a intégré l'équipe nationale en 1996, que Bertrand Charest avait des favorites en alternance, a-t-elle soutenu lundi.
Découvrant par la suite que celui qui était son entraîneur avait une relation avec l'une des athlètes, Nancy se serait fait répondre par l'accusé qu'il était en fait amoureux d'elle et qu'il avait besoin de son aide pour pouvoir laisser sa coéquipière.
Des relations sexuelles sont ensuite survenues, toujours selon le témoignage de la présumée victime, et le premier rapport aurait eu lieu dans la salle de bain d'un hôtel, en Europe.
Bertrand Charest entretenait simultanément plusieurs relations intimes avec différentes skieuses, a affirmé Nancy. Il justifiait notamment ces aléas par le fait qu'une d'entre elles était déprimée et qu'une autre avait besoin de sexe pour mieux performer dans sa discipline sportive.
«J'étais piégée», a dit Nancy, soutenant que son agresseur présumé menaçait de s'enlever la vie ou de cesser d'être son entraîneur quand elle disait vouloir mettre un terme à leur relation.
La femme a par ailleurs précisé ne pas avoir été épaulée par la fédération qui chapeaute sa discipline sportive quand l'affaire a été révélée au grand jour, en 1998.
«Immiscé» dans sa vie privée
Une autre jeune femme est venue raconter, plus tôt lundi, comment Bertrand Charest s'était «immiscé» dans sa vie privée, et ce, même lorsqu'il n'était plus son entraîneur.
Bianca (autre nom fictif) a eu l'accusé comme entraîneur alors qu'elle était âgée de 13 et 14 ans. Elle n'avait toutefois pas réussi à être admise dans l'équipe d'élite qu'il avait formée par la suite.
Elle était toutefois demeurée en contact avec lui durant quelques années par la suite, le voyant comme un confident.
Alors qu'elle avait 16 ans, il l'avait embrassée sur la bouche et lui avait dit que tout serait différent si elle avait 18 ans.
À cette époque, Bertrand Charest lui avait dit à plus d'une reprise qu'il aimerait être son premier amant et que ce serait une expérience mémorable.
Elle a continué d'entretenir des liens avec l'accusé jusque vers l'âge de 19 ans, liens qui furent marqués par des échanges de lettres, mais sans plus.
Après avoir perdu sa trace, la jeune femme a dit que la perception qu'elle avait de son ex-entraîneur avait complètement changé en 1998 lorsqu'elle a appris qu'il avait été écarté de l'équipe canadienne pour avoir eu des relations avec trois de ses protégées.
Bianca n'a pas subi d'agression sexuelle; son témoignage s'inscrit davantage dans l'établissement du caractère de l'accusé.