La jeune femme a témoigné cette semaine au procès qu’elle avait crié des insultes en Innu à Joé en plus de lui demander de sortir.

Procès dans une famille innue: l’accusé expulsé sans raison

Pourquoi Joé* s’est-il fait expulser par la fille de sa cousine s’il n’a rien à se reprocher? Le principal intéressé n’en a aucune idée…

L’homme innu accusé d’agression sexuelle sur sa cousine a donné une toute autre image au jury de la soirée du 11 décembre 2015.

Joé a quitté la maison de transition pour se rendre chez sa cousine Laura *, comme il le faisait quotidiennement depuis le début du mois. 

Au programme: aider Laura à installer ses nombreuses décorations de Noël et se reposer.

Joé affirme que c’est en voyant Laura déjà éméché à son arrivée, sur l’heure du souper, qu’il décide de briser ses conditions et d’aller acheter de la bière pour boire lui aussi. 

La soirée se passe tout à fait normalement, affirme-t-il, au fil de visites d’amis et de celle d’un trafiquant qui viendra vendre du speed à Laura. Joé en prend un et continue de décorer en buvant et en écoutant de la musique country.

Selon lui, il décide d’aller se coucher vers 5h, avant Laura, et prend deux somnifères. Sa posologie est d’un seul comprimé.

Il dort encore le lendemain lors des appels téléphoniques et de la visite de son agente de libération conditionnelle. Il réussira à la joindre et la rencontrera brièvement à l’extérieur du logement, après avoir brossé ses dents et pris du rince-bouche. Joé admet qu’il n’a pas parlé de sa beuverie de la veille. D’ailleurs, il n’a confessé aucun de ses épisodes de consommation avec sa cousine, depuis le début décembre.

Il passe les heures suivantes à dormir, dit-il, en croisant seulement une fois Laura, qui est dans sa chambre. 

Le dimanche matin, il se fait à manger et commence son lavage. Il se couche pour une sieste après le dîner. Il prévoit quitter vers 17h00.

Il sera réveillée par la fille de Laura qui lui demande de partir aussitôt.

La jeune femme a témoigné cette semaine au procès qu’elle avait crié des insultes en Innu à Joé en plus de lui demander de sortir. Sa mère qui lui avait confié avoir été victime de deux agressions sexuelles de la part du détenu en libération conditionnelle.

Joé nie avoir été injurié. Il n’a jamais posé de questions, dit-il, sur les raisons qui poussaient la jeune femme à l’expulser ainsi. 

Il est parti sans revoir Laura, sa cousine qui était sa personne-ressource pour la maison de transition depuis 2013.

Antécédents de violence

L’avocate de Joé, Me Geneviève Bertand, a fait la liste des nombreux antécédents judiciaires de l’homme de 44 ans; voies de fait sur des hommes, voies de fait dans un contexte de violence conjugale, menaces, séquestration, bris d’engagement. « Avez-vous un problème de violence? « , demande l’avocate. « Oui, j’étais un homme violent quand j’étais plus jeune », répond Joé.

La procureure de la Couronne Me Nadine Dubois a plongé l’accusé dans un profond malaise en l’interrogeant sur un film porno qu’il aurait écouté brièvement le soir de l’agression alléguée.

Joé jure qu’il n’a vu que quelques minutes d’images pornographiques en « zappant » pour trouver des chaînes musicales.

Lorsque la procureure lui demande si, l’alcool aidant, le film XXX augmentait ses pulsions sexuelles, l’accusé hausse les épaules. « J’étais juste sur le party, je n’avais pas de pensée négatives. » 

* Prénom fictif