Le président de Gastem, Raymond Savoie

Procès contre Ristigouche-sud-est : une entente verbale, selon Gastem

Le président de Gastem, Raymond Savoie, assure qu'il disposait d'un appui verbal, à défaut d'un consentement écrit, de l'administration municipale de Ristigouche-sud-est quand il a formulé une demande de permis de forage au gouvernement québécois, à la fin de 2011.
Lundi, lors du cinquième jour du procès au cours duquel sa firme tente d'obtenir 1 million $ d'indemnisation de la part de Ristigouche-sud-est, M. Savoie a indiqué qu'il avait notamment pu compter sur l'appui de la municipalité lors de la préparation du terrain devant mener à un forage qui ne s'est jamais réalisé.
Concédant qu'il avait acheté le gravier d'une entreprise privée, et non de la municipalité, M. Savoie a indiqué qu'il «faut travailler avec l'inspecteur municipal», dans ce genre d'initiative, parce «200 voyages de gravier» (en camion), c'est quelque chose».
Rencontre publique
Une rencontre publique tenue le 22 novembre 2011 a convaincu M. Savoie qu'il comptait aussi sur un certain appui populaire, en plus de celui qu'il percevait du conseil municipal. L'avocat de Ristigouche-sud-est, Jean-François Girard, lui a demandé s'il y avait eu «une fête, des canapés», après cette réunion.
«Il était tard. On n'est pas allé à la brasserie», a concédé M. Savoie. Il a concentré ses énergies sur l'obtention du permis d'exploration, qui n'a été délivré qu'au milieu de 2012 par le ministère des Ressources naturelles, un délai que le président de Gastem a qualifié de décevant et en grande partie attribuable à la crise des gaz de schiste, ayant fait irruption en 2010.
M. Savoie dit avoir travaillé en attendant son permis et pendant le reste de l'année 2012 à la préparation d'un forage alors prévu pour mai 2013.
Il a expliqué n'avoir pas vu venir l'adoption du règlement de protection de l'eau par le conseil municipal de Ristigouche-sud-est, le 5 mars, règlement qui fixait à deux kilomètres la zone de protection à l'intérieur de laquelle un forage pour hydrocarbures ne pouvait être réalisé, par rapport à une source. L'endroit choisi par Gastem n'était distant que d'un peu plus de 100 mètres de la source d'eau la plus proche.
«Je n'étais pas content», résume M. Savoie en se remémorant mars 2013. Le projet de forage de Gastem venait de s'effondrer, a-t-il indiqué. «On ne travaille pas où on n'est pas bienvenu. Il n'y a pas un financier qui aurait mis de l'argent sur la table pour un projet comme celui-là».
2,6 M$ de dettes
En contre-interrogatoire, Me Girard a établi que Gastem, au 30 septembre 2013, n'avait que 438 000$ en liquidité et 2,6 millions$ de dettes. M. Savoie a expliqué que ce n'était «pas là une situation idéale mais ce n'est pas une situation qu'on peut considérer comme alarmante ou difficile».
Lundi, Ristigouche-sud-est a bénéficié d'un autre appui moral au procès, celui d'André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, qui a qualifié l'action de Gastem de «poursuite pour intimider la municipalité».