En raison de graves problèmes de santé d’un des avocats d’Yves «Colosse» Plamondon, le procès prévu pour 22 jours à partir du 7 janvier sera reporté, vraisemblablement à la fin de l’année 2019.

Procès civil d’Yves «Colosse» Plamondon: un report et un défendeur de moins sur la liste

Le procès civil intenté par Yves «Colosse» Plamondon contre la police et la poursuite n’aura pas lieu comme prévu en janvier. Et il pourrait se faire en retirant de la liste des défendeurs René de la Sablonnière, l’ancien procureur de la Couronne devenu juge qui avait fait condamner Plamondon.

En raison de graves problèmes de santé d’un des avocats de Plamondon, le procès prévu pour 22 jours à partir du 7 janvier sera reporté, vraisemblablement à la fin de l’année 2019.

L’ex-détenu âgé de 68 ans réclame pas moins de 35 millions $ en dommages après avoir passé presque trois décennies derrière les barreaux pour les meurtres de trois trafiquants de drogue, au début des années 1980, à Québec.

La Cour d’appel a reconnu de graves erreurs de divulgation de preuve dans le procès de Plamondon, en 1986, des erreurs qui ont pu avoir une incidence dans sa condamnation. Un second procès a été ordonné, mais la Couronne a plutôt choisi de retirer les accusations.

Yves «Colosse» Plamondon a été libéré, puis réarrêté quelques mois plus tard après avoir accompagné un complice dans un braquage de caisse populaire. Il est toujours détenu, mais devrait retrouver sa liberté sous peu après avoir purgé le reliquat de sa peine de cinq ans.

«Graves fautes»

Les avocats de Plamondon soutiennent que les enquêteurs de la Sûreté du Québec et le procureur de la Couronne René de la Sablonnière ont commis de graves fautes en cachant des déclarations de témoins qui venaient donner un alibi à leurs clients. Selon les demandeurs, le procureur de la Couronne de l’époque a aussi écarté délibérément une témoin civile qui aurait pu contredire le délateur, témoin-vedette de la poursuite qui incriminait «Colosse».

Tous ces reproches ne justifient pas la présence de René de la Sablonnière, aujourd’hui juge à la Cour du Québec, comme défendeur, a soulevé le juge Jean-François Émond de la Cour supérieure, affecté au dossier. «Il demeure un préposé de l’État, dans l’exercice de ses fonctions, fait remarquer le juge Émond. Et la Procureure générale du Québec peut répondre à tout ça.»

Si jamais une faute est établie et que des dommages sont accordés, le gouvernement du Québec demeurera l’unique payeur, ajoute le juge.

L’un des avocats de Plamondon, Me Daniel Rock, assure qu’il n’y a jamais eu de vendetta contre l’ancien procureur de la Couronne. Il a promis de recommander à son client de retirer le nom de René de la Sablonnière, par souci d’efficacité et pour réduire la durée du procès.

Lors du procès civil, les avocats de Plamondon devront convaincre la cour que les jurés auraient rendu un verdict différent s’ils avaient connu tous les éléments gardés cachés. A contrario, les avocats de la Procureure générale œuvreront à démontrer que les omissions n’ont eu aucun impact dans le verdict et que les omissions ne sont pas en lien direct avec les dommages allégués par Plamondon.