Joze Sparovec, l'un des hauts dirigeants de Canada Alpin à l'époque où les multiples agressions sexuelles auraient été commises, a raconté sa version des faits vendredi.

Procès Charest: une autre victime alléguée fait état de manipulation

Une neuvième victime alléguée de Bertrand Charest est venu corroborer, vendredi au palais de justice de Saint-Jérôme, le portrait dressé par celles qui l'avaient précédée au procès de l'ex-entraîneur de ski.
Celle-ci était âgée de 14 ans lorsqu'elle est devenue l'une des membres de son équipe.
Bertrand Charest lui disait qu'il l'aimait et voulait l'épouser et lui faisait miroiter une future vie commune lorsqu'elle serait majeure.
La jeune femme a dit qu'à l'époque, elle croyait aimer elle aussi l'entraîneur. Les deux s'étaient embrassés à quelques reprises.
À l'instar des autres femmes venues témoigner, elle a décrit l'accusé comme un être manipulateur qui entretenait des rivalités entre ses skieuses, notamment en utilisant à la fois la séduction et la critique.
Plus tôt dans la journée, l'un des hauts dirigeants de Canada Alpin à l'époque où les multiples agressions sexuelles auraient été commises, Joze Sparovec, était venu raconter sa version des faits.
Il était directeur des programmes chez Canada Alpin et supervisait notamment les activités de l'équipe nationale junior.
M. Sparovec a raconté avoir ordonné à Bertrand Charest de quitter immédiatement l'environnement de l'équipe de ski lorsqu'il a appris que celui-ci avait eu des relations sexuelles avec au moins trois des skieuses.
Il affirme avoir confronté Bertrand Charest et lui avoir conseillé de suivre une thérapie.
Il a soutenu que Canada Alpin avait indiqué aux jeunes femmes et leurs familles que c'était à elles de décider si elles porteraient plainte ou non.
Plus tôt cette semaine, l'une des présumées victimes avait toutefois affirmé que Canada Alpin lui avait déconseillé de parler des événements, au risque de perdre des commanditaires.
Le dirigeant n'a par ailleurs pas été interrogé sur les circonstances ayant mené à l'embauche de Bertrand Charest et si des vérifications avaient été faites avant celle-ci.
Bertrand Charest, aujourd'hui âgé de 51 ans, fait face à 57 chefs d'accusation, notamment d'agression sexuelle et d'abus de confiance, envers 12 plaignantes qui étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués, durant les années 1990.
Le procès devant juge seul, amorcé la semaine dernière, devrait durer un mois.
Bertrand Charest est détenu depuis son arrestation en mars 2015.
Le procès se poursuivra lundi.  Avec Cogeco Nouvelles