Des documents perquisitionnés par l'UPAC dans les bureaux du parti libéral ont dû être retirés en raison du secret professionnel.

Preuve de l'UPAC amputée: pas de conspiration, dit Couillard

Le retrait de documents touchés par le secret professionnel de la preuve saisie par l'UPAC dans les bureaux du PLQ témoigne de la collaboration du parti avec les autorités, estime Philippe Couillard.
«Cette histoire-là témoigne de l'ouverture et de la collaboration que le parti a apportées au processus d'enquête», a commenté le premier ministre et chef du PLQ, mercredi, à l'entrée de son caucus. 
Le Parti libéral du Québec a dévoilé mardi - après des questions de journalistes sur le sujet - qu'à la suite d'une perquisition par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), en juin 2014, 65 documents ont été récupérés. Un juge de la Cour supérieure a convenu qu'ils étaient protégés par la relation confidentielle entre un avocat et son client. 
«C'est ce qui se produit dans tous les cas semblables, a affirmé le premier ministre. Il n'y a pas de conspiration là-dedans. C'est une technique et une procédure tout à fait normale.»
Enquête grandement retardée
La semaine dernière, le patron de l'UPAC, Robert Lafrenière, a déclaré que l'ex-grand argentier libéral Marc Bibeau a grandement retardé son enquête en invoquant le secret professionnel pour plusieurs documents. 
Il ne s'agit pas ici de la même situation, a noté M. Couillard. «Ce n'est pas une requête en cour, a-t-il dit. Ça s'est fait par une entente avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui a lui-même souligné la présence de documents protégés par le secret professionnel» dans la saisie. 
Les documents récupérés par le PLQ ont été retracés dans l'ensemble de la perquisition grâce à une recherche avec 41 mots-clés tels que «fraude», «contrat», «Charbonneau». 
Au PQ, le leader parlementaire Pascal Bérubé reconnaît que le PLQ se prévaut d'un de ses droits. Mais il doute que le parti aurait dévoilé ce recours sans le témoignage du commissaire Lafrenière. 
«Ce que les libéraux veulent cacher, je ne sais pas, a dit son chef, Jean-François Lisée. En tout cas, ils travaillent très fort pour retirer des éléments de preuve.»
La députée caquiste Nathalie Roy a demandé aux libéraux de faire lever la confidentialité des documents. «Pourquoi le Parti libéral et le premier ministre ont-ils voulu enlever aux enquêteurs ces documents au lieu de les laisser travailler?», a-t-elle interrogé.