En juin 2015, indigné que des policiers du Service de police de la Ville de Montréal aient porté des pantalons de camouflage lors des funérailles d'État de Jacques Parizeau, le premier ministre Philippe Couillard avait promis une action pour obliger les policiers à revêtir leur uniforme en tout temps.

Port de l'uniforme chez les policiers: pas de loi à l'horizon

La présentation d'un projet de loi sur le port obligatoire de l'uniforme chez les policiers est moins probable qu'elle l'a déjà été; non pas en raison de la grève des juristes de l'État, mais de la complexité du dossier.
En juin 2015, indigné que des policiers du Service de police de la Ville de Montréal aient porté des pantalons de camouflage lors des funérailles d'État de Jacques Parizeau, le premier ministre Philippe Couillard avait promis une action pour obliger les policiers à revêtir leur uniforme en tout temps.
Plus de 18 mois plus tard, la perspective d'une législation paraît s'évanouir. Le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ne le cache pas, même s'il refuse de l'exclure officiellement.
«Si c'était un enjeu pouvant se régler facilement par une législation, ce serait une chose. Puis, je ne dis pas que c'est impossible de légiférer sur la question. Mais c'est un enjeu qui, compte tenu de la jurisprudence, compte tenu de notre cadre juridique au Canada et au Québec, n'est pas simple», a-t-il indiqué en entrevue avec Le Soleil.
Des infirmières aussi
Le ministre note que le problème ne touche d'ailleurs pas que des policiers. Il y a quelques jours, à Terrebonne, des infirmières ont enfilé le pantalon de camouflage pour protester contre leur charge de travail.
Récemment, des constables spéciaux dans des palais de justice ont ajouté un chandail rose aux pantalons de camouflage qu'ils portaient.
Martin Coiteux répète qu'il ne dit pas qu'une législation est impossible, mais qu'il préférerait encore, plus de 18 mois plus tard, «que ceux qui délaissent leur uniforme, qui ont décidé d'utiliser ce type de moyen de pression, en arrivent eux-mêmes à la conclusion à laquelle notre société en est elle-même arrivée, soit qu'ils se nuisent à eux-mêmes, qu'ils ne font pas avancer leur cause en même temps qu'ils dévalorisent l'uniforme, et un peu aussi leur profession aux yeux de la population».
«J'ai espoir que les membres des syndicats qui utilisent ce moyen de pression en arriveront à la conclusion qu'il y a de meilleures façons» de protester, conclut-il sans brandir le spectre d'une loi.