Jean-Claude Rochefort

Polytechnique: Jean-Claude Rochefort se définit comme un prisonnier politique

MONTRÉAL — Jean-Claude Rochefort, cet admirateur du tueur de Polytechnique, s'est présenté comme un «prisonnier politique et d'opinion» lors de son enquête sur le cautionnement, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Exposant ses idées de manière désordonnée, il n'en a pas moins reconnu être l'auteur des propos antiféministes violents publiés sur le web sous le pseudonyme de Rick Flashman.

«C'est une admission sur un certain élément de la preuve, mais ce n'est pas ce qui était visé à la base pour notre défense», a toutefois précisé son avocat, Me Marc-Olivier Carrier.

«C'est la nature de ce qui a été dit qui devra être analysée. Ça arrive fréquemment dans ce genre d'accusation qu'on se penche sur la nature et non sur le fait (de déterminer si) c'est lui ou pas qui a écrit cela.»

Le juge Serge Delisle n'a toutefois pas rendu de décision sur le banc à l'issue de l'audience, prenant sa décision en délibéré. Elle sera rendue lundi.

«Je pense que le juge a bien fait de prendre le dossier en délibéré si effectivement il mérite de regagner sa liberté», a opiné Me Carrier.

Jean-Claude Rochefort est détenu depuis son arrestation, le 5 décembre, la veille des commémorations du 30e anniversaire de la tuerie de l'école Polytechnique au cours de laquelle 14 jeunes femmes avaient été froidement assassinées en 1989 lors d'un attentat antiféministe.

L'homme de 70 ans fait face à une accusation d'incitation à la haine après que les policiers eurent retracé l'origine d'un blogue où les propos contre les femmes dépassaient les bornes.

Me Carrier a fait valoir que les démêlés judiciaires passés de M. Rochefort n'ont jamais impliqué de violence et que, même si ses propos peuvent être qualifiés de choquants, le septuagénaire ne représente pas une menace pour autant.

La Couronne s'oppose à sa remise en liberté, évoquant le risque de récidive, puisque l'accusé a été arrêté pour exactement les mêmes raisons il y a dix ans. La procureure, Me Josianne Laplante, estime également que sa détention est requise afin de ne pas miner la confiance du public envers l'appareil judiciaire.